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C'est parfois la peur de la mort qui pousse les hommes à la mort {Alexis}
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▌Date d'arrivée : 09/06/2011
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Le sujet traité risque d'être choquant. Âmes sensibles s'abstenir donc Wink

Ses pas se répercutaient contre les murs de ce hall damné dans lequel il s’avançait. Alexis à ses côtés, Matt se dirigeait vers ce nouveau condamné qui venait d’arriver. Le pauvre américain esseulé avait décidé de jouer les fortes têtes vous savez. Quelle drôle d’idée quand on sait ce que les collabo allaient lui réserver. Nathaniel n’avait pas apprécié de le voir ainsi se rebeller, c’est pourquoi il les avait envoyé afin de renforcer l’attaque des matons déjà affairés à le tabasser. Matt n’avait pas bronché, il avait juste obtempéré et s’était éclipsé pour aller jouer avec cette nouvelle victime qui lui avait été octroyée. Il était effrayé à l’idée que le Vice puisse déceler une quelconque trace de la peur qui l’habitait. Alors il obéissait, sans broncher, histoire de ne pas éveiller de soupçons bien mal avisés. Nathaniel n’avait pas pipé mot et pourtant, l’ordre l’avait transpercé comme un javelot : surveille-la et au moindre faux pas, avertis-moi. Plus que de craindre la colère du Vice ou que de jouer les monstres prompts aux supplices, Matt avait peur pour la vie de sa complice. Si la Folie décidait de l’éliminer, arriverait-il à l’en dissuader ? Les mains dans les poches, Matt jeta un regard en biais à sa compagne toute proche. Pourquoi avait-elle décidé de s’allier à sa cause, le jeune homme ne cessait de se le demander, en autres choses. Soupirant faiblement, sa voix s’éleva lentement.

Prête à sortir les griffes mon petit chat ? Si tu le fais suffisamment monter aux rideaux, on pourra parler sans se faire épier par les oiseaux.

Les matons n’avaient aucune vie, ils ne comprendraient pas un traître mot de ce qui se dit. Quant aux rôdeurs et aux démons supérieurs, si la victime hurlait avec suffisamment d’ardeur, ils n’auraient pas connaissance de ce qu’ils allaient s’avouer comme confidences. Matt pourrait ainsi questionner à loisir sa belle et douce tandis que le nouveau allait souffrir. Il aurait dû culpabiliser mais ce pauvre garçon avait perdu toute humanité désormais. Il avait sombré et il était bien difficile de déterminer s’il était encore conscient de ce qu’il pouvait réaliser. Arrivé finalement à destination, notre ancienne diva grimaça à l’écoute de cette voix de castra. Les matons pouvaient cogner fort bien qu’ils ne fussent guère retors. Les vicieux de l’équipe n’étaient autre que les démons avec leurs têtes grosses comme des mites. Un excellent tandem pour vous donner des sueurs froides jusqu’à l’arrivée de Mathusalem. Matt s’avança et récolta la batte de baseball qui traînait là. Le regard aussi inexpressif que celui du reste de l’effectif, le jeune McCravatt finit par taper à hauteur du péroné ce qui arracha un cri désespéré du pauvre homme qui désormais gisait. Le visage déjà bien amoché, il n’était pas garanti qu’il survive à cette petite lutte improvisée. Mais Matt s’en fichait car ce n’était pas lui commandait. La voix lui disait d’agir ainsi, lui intimait de frapper sur cette peau déjà bien meurtrie.

Tararapoudié. Tararapoudié. Tatatatatala… Tralalam… Plus tu crieras haut et fort et plus je pourrai discuter avec Catwoman sans éprouver une once de remords. C’est ainsi l’ami, la vie est mal foutue pardi. Tu vas crever ici tandis que moi je te tabasse pour sauver nos vies.

Les âmes inexistantes qui sommeillaient dans ces coquilles désespérantes regardèrent le spectacle comme s’il s’agissait du plus grand des miracles. Matt frappait sans relâche sur cette pauvre âme bravache. Sans qu’il ne s’en rende compte, l’Ombre lui demandait à ce que les coups tombent. À mesure que la batte s’élevait, les matons disparaissaient. Bientôt, il ne resta plus qu’eux trois dans ces lieux emplis d’effroi. Essoufflé comme jamais, Matt s’arrêta comme s’il venait enfin de réaliser ce qu’il faisait là. Le regard horrifié, il lâcha la batte avant de reculer. Le vice le contrôlait de plus en plus souvent et le jeune adolescent n’était pas sûr que tout ceci soit bien rassurant. Il lui arrivait parfois de se réveiller sans se rappeler de ce qu’il avait fait. Il sentait un halo glacé le transpercer à chaque fois que ce phénomène lui arrivait. Comme si une force étrange le manipulait et lui intimait d’être brutal à souhait. L’adolescent n’aurait su dire si son choix avait été contrôlé par cette chose détestée ou s’il avait rejoint les rangs de cette Folie dérangée parce qu’il le voulait. Peu importait de toute manière désormais. Il était catalogué comme ennemi public à jamais. Les autres jamais n’écouteraient ni même n’admettraient qu’il se soit fait duper si cela s’avérait être le cas en effet. Matt soupira et finit par fermer les yeux empli d’un immense désarroi.

Je ne sais pas toi mais… J’ai l’impression d’être Pinocchio depuis le coup monté de l’autre rigolo. Il y a cette voix dans ma tête, on dirait la fée clochette. C’est pour ça que tu nous as rejoint ? Parce qu’elle veut que tu joues les gentils chienchiens ? Tant que tu es sauvée, je suis heureux comme jamais. J’ai eu peur pour toi, tu sais… Il… Il veut te surveiller alors il va falloir cogner. Je refuse qu’il te blesse tu sais…

Se frottant énergiquement les mains sur son pantalon, Matt ne remarqua pas le sang qui coulait de sa victime à profusion. Il s’abaissa et ramassa la batte écarlate avant de la tendre tel un automate. Alexis allait devoir se défouler, il le fallait. Catwoman jamais ne survivrait si taper elle ne faisait. Matt tremblait car jamais il n’aurait imaginé devoir imposer pareille corvée à sa bien-aimée. Mais ils avaient tous deux décidés de sacrifier leur humanité pour survivre vous savez alors tant pis, ils assumeraient. Aucun des deux ne savait ce qui les avait amené à se battre côte à côte désormais mais peu importait. Matt alla se caler contre le mur écaillé. Le pauvre homme gisait et gémissait alors que ses bourreaux l’observaient sans même sourciller. La Folie n’avait pas précisé si la victime devait survivre à cette soirée alors ils improviseraient. Matt sentait qu’il se faisait berner par la fée clochette vous savez. Cette dernière le manipulait et il n’était pas sûr de laisser l’homme survivre si ça continuait. Les mains coincées derrière sa tête d’empaffé, il décida d’observer, à défaut d’agir comme il se devait. Nathaniel l’avait bien précisé : il faut bien la surveiller. En admettant que le maître des lieux les observe en secret, le jeune homme donnerait l’illusion d’exécuter les ordres donnés. À moins que la fée clochette ne puisse sonder son âme tourmentée, jamais le vice ne saurait la vérité.
▌Date d'arrivée : 29/12/2010
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Depuis que j’avais basculé de l’autre côté, je n’avais que de brefs instants de lucidité. La plupart du temps, j’étais dans une espèce de transe qui rendait flous les contours de ce qui était bien ou mal. Enfin mon changement de camp n’avait eu lieu que la veille, je n’avais pas eu trop le temps pour être lucide. Mais dans ces rares instants, ces moments où j’étais seule généralement, je pétais un câble. Ironiquement lorsque j’étais lucide, j’avais l’impression de me rendre dingue alors que ce n’était que dans ces moments que je ne l’étais pas. Haha, ironique oui… En plus j’avais des crises de démangeaisons, comme si mon corps était devenu étranger. A force, je finis par me gratter au sang, c’était à s’en arracher les yeux de se souvenir les choses horribles que j’avais faites. Charles m’avait fait confiance et compté sur moi. Henri, même si on ne s’entendait pas très bien de base, avait aussi compté sur moi lors de notre tentative de récupération de nos biens. Et je les avais trahis ! Trahis ! A cause de moi à l’heure qu’il était ils devaient probablement payer pour leur rébellion – et la mienne et celle de Jamie. Cette idée m’était insupportable, c’était comme me retrouver moi-même à les torturer…

Enfin ça… C’était à de rares instants.

Je marchais dans le couloir aux côtés de Matt, à peine arrivée j’étais déjà appelée à bosser. Tsss, pas la moindre compassion à la flemme du travailleur ou quoi ? Peu importe de toute manière… Il y a un petit nouveau qui pose problème visiblement et Nathaniel n’a pas eu l’air d’apprécier. A ce que j’ai compris, les matons sont déjà sur place pour le recadrer, le petit rebelle, mais ce ne sont que des marionnettes. Ces trucs sans âme ne feraient que cogner sans chercher quel endroit serait le plus douloureux ou lequel serait au contraire à préserver. Ils pourraient bien le tuer sur le coup d’ailleurs. C’est pour ça que Matt et moi avons été envoyés dans le hall de sécurité, histoire de nous occuper correctement du p’tit nouveau.


- Prête à sortir les griffes mon petit chat ? Si tu le fais suffisamment monter aux rideaux, on pourra parler sans se faire épier par les oiseaux.

- Tsss je ne suis pas ton petit chat, espèce de poète à deux balles.

Je lâchai un soupir exaspéré. Décidément se faire bouffer la moitié du visage et trahir tout le monde ne l’aura pas rendu plus intelligent celui-là, il est toujours dans son délire solitaire. Petit à petit, la musique d’un tabassage en règles parvint à mes oreilles. Les matons avaient en effet déjà commencé le travail et le pauvre type devait déjà avoir quelques bleus. Ils s’arrêtèrent à notre approche, laissant Matt se saisir d’une batte de base-ball et frapper la jambe du pauvre mec qui avait dû croire à l’arrivée de personnes amicales (puisqu’ils n’avaient pas la sale tête d’un démon ou l’air inexpressif d’un maton). Moi je restais un peu en arrière, observant la scène d’un air détaché. Je fus un peu surprise de l’entendre chantonner du Mary Poppins à ce moment…

Tararapoudié. Tararapoudié. Tatatatatala… Tralalam… Plus tu crieras haut et fort et plus je pourrai discuter avec Catwoman sans éprouver une once de remords. C’est ainsi l’ami, la vie est mal foutue pardi. Tu vas crever ici tandis que moi je te tabasse pour sauver nos vies.

Sauver nos vies ouais, on n’avait pas trop le choix si on voulait vivre tranquille que d’obéir aux ordres. Surtout moi vu ma position précaire, je n’avais pas le droit au moindre faux-pas, et je soupçonnais Matt d’être chargé de veiller au grain. A la moindre erreur de ma part ce serait probablement un aller simple pour la salle de tortures et l’enfer. Ouais, j’avais intérêt à me tenir à carreaux si je n’avais pas envie de crever dans la douleur. Et puis de toute manière, je n’avais plus le choix. Même si on sortait un jour de cet asile, j’étais fichue pour ce que j’avais fait, donc autant faire en sorte que Nath puisse garder tout ce beau monde ici, non ? Matt cognait encore le fauteur trouble, sans relâche. Au fur et à mesure que le travail s’accomplissait, les matons disparaissaient. Lorsqu’il n’en resta plus, il lâcha la batte, essoufflé. Je crus d’abord qu’il allait reprendre sa besogne ou qu’elle était terminée, un peu soulagée de ne pas avoir eu à faire mes preuves dès le premier jour, mais je me rendis compte qu’en réalité il était horrifié par ce qu’il avait fait. C’était comme dans mes instants de lucidité tiens… Sauf que là, j’avais juste l’impression d’être anesthésiée, comme si je ne vivais pas vraiment ce qu’il se passait, la réalité ne m’atteignait pas.

Je ne sais pas toi mais… J’ai l’impression d’être Pinocchio depuis le coup monté de l’autre rigolo. Il y a cette voix dans ma tête, on dirait la fée clochette. C’est pour ça que tu nous as rejoints ? Parce qu’elle veut que tu joues les gentils chienchiens ?

Ses paroles eurent un effet drastique sur moi, comme si l’anesthésie se dissipait enfin, comme si je retrouvais ma perception normale des choses. Je venais de le regarder massacrer un pauvre type sans réagir… Et s’il avait raison ? Si une autre personne contrôlait nos actes – Nathaniel ? Je désignai alors d’un geste de la tête l’homme à terre.

- Je vous ai rejoints parce que je ne voulais pas être à sa place à lui. Et c’est très motivant… Même si tu as raison, j’ai parfois l’impression que je reçois un « coup de pouce » extérieur pour ne pas penser au pire.
- Tant que tu es sauvée, je suis heureux comme jamais. J’ai eu peur pour toi, tu sais… Il… Il veut te surveiller alors il va falloir cogner. Je refuse qu’il te blesse tu sais…

Mon visage se durcit. J’avais raison, il était là pour me surveiller. Mais pire encore, j’allais devoir prouver ma « loyauté ». C’était pourtant évident, j’aurais dû m’en douter. Matt se faisait du souci pour moi, c’était le premier sentiment sensé que je voyais venir de lui bizarrement. Je me sentis un peu bizarre vis-à-vis de toutes ces fois où je l’avais envoyé promener en pensant que c’était une idiotie pour m’embêter ou qu’il ne réfléchissait pas à ce qu’il disait ou ressentait. C’était assez étrange et lorsqu’il me tendit la batte, nous échangeâmes un long regard, sa jaugeant l’un l’autre. D’une main hésitante, je me saisir de la batte mais sans l’attirer à moi, je la laissais suspendue au-dessus de la main tendue de Matt. J’hésitais encore. Puis je plaquai violemment la batte contre le torse de mon complice, répondant à une impulsion soudaine et fis volte-face vers l’homme qui gisait à terre et tentait déjà de ramper loin de nous dans notre dos. Je me penchai vers lui et lui tendis une main secourable pour l’aider à se relever. Il hésita un peu avant de s’en saisir et s’y agrippa de toutes ses forces. Je l’attirai alors à mois et lui plantai dans le flanc un couteau. Une blessure qui ne le tuerait pas puisqu’aucun organe ou artère importante n’était touché.

- Tu as raison, va falloir cogner.

Mon visage s’était transformé en un rictus tordu et dans mes yeux brillait une lueur un peu folle. J’avais lâché mon couteau et martelais le corps de cet homme blessé et terrifié de mes poings seuls. Ce n’était peut-être pas aussi efficace qu’une batte, mais c’était presque aussi douloureux et ça faisait moins de dégâts internes. Je transformais ma rage et ma folie grandissante en énergie pour les coups qui pleuvaient sur la victime du mauvais sort. C’était lui ou moi et franchement, la question ne se posait pas.
▌Date d'arrivée : 09/06/2011
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Yeux dans les yeux, le jeune homme avait regardé sa douce d’un air sérieux. « Je vous ai rejoints parce que je ne voulais pas être à sa place, à lui. » Cela signifiait-il… Matt s’était demandé si elle allait frapper l’homme ciblé ou bien s’il faudrait l’aider afin que le maître soit satisfait. Il n’aurait su le dire quand elle lui avait rendu sa batte sans pour autant s’enfuir. Mais… Catwoman ne fuyait pas et elle n’avait pas d’état d’âme de surcroît. Au final, cela importait peu si la demoiselle était un être pernicieux. Matt l’aimait toujours autant et il la protègerait contre leur allié menaçant. Néanmoins, il la jouerait fine notre jeune diablotin. Il avait déjà tout prévu c’était certain. Une fois n’était pas coutume et notre jeune petit singe faisait fonctionner ses méninges. C’est pourquoi il s’était adossé au mur sans broncher afin d’observer ce qui allait se passer. Ça, c’est ce qu’il voulait faire penser au potentiel voyeur qui les observerait. Mais intérieurement, il réfléchissait les bras croisés, observant d’un air perdu la scène de battue. « J’ai parfois l’impression que je reçois ‘un coup de pouce’ extérieur. » Ainsi, il n’était pas le seul à se sentir manipulé par leur nouvel ‘ami’. Il n’avait pas menti en disant qu’il ne voulait pas qu’elle soit blessée ou meurtrie. Nathaniel l’avait bien dit : elle se bat ou elle mourra.

La jeune tigresse frappait de son couteau avec tant d’allégresse. Matt aurait pu admirer la beauté de cette scène jusqu’à en perdre haleine mais son cœur se serrait quand il pensait à sa belle dulcinée. Était-elle consciente de ce qu’elle infligeait comme tourmente ? Certes, elle contentait leur maître désormais mais à quel prix ? Voilà la question à cent rubis ! Matt était certes ravi, il n’aurait pas à ‘rapporter’ sa vilénie auprès de la Folie mais… « Tu as raison, va falloir cogner. » Le rictus tordu qu’elle affichait à son insu lui donna la nausée et il dut fermer les yeux pour oublier. Elle frappait, encore et encore, sur ce pauvre corps. Les plaies se multipliaient comme Dieu le faisait avec ses pains, certes, c’était moins malsain. L’éclair de folie dans ses yeux lui rappela qu’il était responsable de ce crime odieux. Il aurait pu mentir et dire qu’elle avait attaqué comme on le lui avait demandé. Il aurait été le seul à être souillé par cet acte de cruauté. Était-il finalement un vrai ‘collabo’ ? Était-il prêt à faire les faire tous tomber avec brio ? Il avait voulu la sauver et voilà où sa ‘bonté’ l’avait mené… Se laissant tomber à même le sol, le jeune homme s’intima à garder son self-control. Peine perdu, il avait du sang sur les mains, il était foutu. Ils venaient de tuer quelqu’un…


Arrête. Alexis, arrête. Tu ne vois pas que le travail est déjà terminé ? Inutile de s’acharner… Il est mort, tu m’entends ? MORT !

Tout tremblant, le jeune homme regarda le cadavre baignant dans son sang. La fée clochette était peut-être derrière cette attaque à coup de machette mais… Quand sa belle Catwoman s’en rendrait compte, ce serait un véritable drame. Au lieu de lui hurler dessus, il… Il avait juré de la protéger, sa belle lionne tigrée, il avait échoué. Il l’avait plongé dans un monde tourmenté et il espérait qu’il n’était pas trop tard pour la sauver. Il rampa jusqu’à sa dulcinée et finit par la prendre dans ses bras pour la câliner. Il lui ôta délicatement le couteau de sa main tout en tremblant. Il jeta l’objet à leurs pieds et caressa ses cheveux par après. Se balançant d’avant en arrière, il lui murmurait des pardons jusqu’à en perdre la raison. Il s’excusait pour l’avoir forcée à rejoindre le camp de la fée clochette vous savez… Il s’en voulait aussi de l’avoir laissé attaquer cet homme qui ressemblait à un opossum. Il s’en voulait de ne pouvoir mieux la protéger… Il pensait que rejoindre les rangs de l’autre cinglé l’aiderait à protéger ceux qu’il aimait mais… Il aurait peut-être mieux de rester avec les autres afin de leur éviter d’être plongé dans cette guerre qui se dévoilait. Jamie, ô Jamie, son cousin chéri ne survivrait jamais à cette vie… Alexis, ô Alexis, sa belle chérie parviendrait-elle à supporter d’avoir ainsi assassiné…

Pardonne-moi joli chat. Je voulais seulement te sauver en t’emmenant à mes côtés. Je pensais que rejoindre l’autre dingue était ce qu’il y avait de mieux pour mourir vieux. Je voulais t’éviter d’être brisée, défigurée comme je l’ai été. Malheureusement… Je ne sais pas, je ne sais plus. Pourras-tu tuer ainsi sans broncher ? Ne vaut-il pas mieux être défiguré que de devenir fou à lier ? Je ne sais plus tu sais… Mais chuuuut… Ne pleure pas, je suis là. Je te protègerai contre vent et marée. Je refuse de te voir mourir tu sais. Toi, Jamie et moi, on s’en sortira. S’il faut mourir pour vous faire sortir, sache que je suis prêt à périr. Je vous aime trop que pour vous perdre mes agneaux. Pardon, pardon…

Tout en parlant, le jeune homme avait fini par se mettre à pleurer à gros bouillon. Était-ce la dure réalité qui le frappait ? La peur finissait-elle par le rattraper avec ardeur ? Ou bien était-ce une réaction de stress à cette scène qui revoyait sans cesse ? Après tout, aucun être innocent ne peut tuer sciemment sans en être perturber pour autant. Il n’était pas un assassin, juste un gamin perdu dans un monde de tordus. Sous ses airs de gamin, il était pourtant sincère c’était certain. Il était réellement prêt à mourir pour que les deux êtres qu’il aimait continuent de sourire. C’était pour ça qu’il avait rejoint le camp des méchants. Pour assurer leurs arrières, pour les protéger de ces créatures de l’Enfer. Il valait mieux être leurs alliés plutôt que de les affronter. Son visage le lui rappelait cruellement à chaque fois qu’il s’observait. Le sang de leur victime trempait lentement son jeans mais Matt s’en foutait éperdument. Il se concentrait uniquement sur sa belle ci-présent. En d’autres circonstances, il aurait bondi dans son lit en pensant avoir sa chérie dans ses bras pardi. Mais là, la situation était bien trop dramatique que pour se réjouir avec des procédés aussi drastiques. Il pleurait tout en la gardant dans ses bras, il se consolait tout en évacuant le stress. Il était humain. Tout simplement.
▌Date d'arrivée : 29/12/2010
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Bam, bam…
Tout ce qu’on entendait depuis un petit moment, c’était le bruit sourd de la pluie de coups qui s’abattait sur le malheureux à mes genoux. Un moment que, pensée au-dessus de lui, je ne lisais plus sur son visage que douleur indescriptible et terreur. Sans que je m’en rendre compte, la résignation avait dut passer sur son visage avant de se fixer dans in rictus douloureux et éternel. Mais je n’avais rien remarqué et j’avais continué à cogner. Tantôt au visage, tantôt à la plaie que j’avais causée à son abdomen. Je n’avais pas non plus remarqué l’absence soudaine des cris, des supplications, des gémissements. La rage bourdonnait à mes oreilles, mon instinct de survie m’avait commandé de cogner sans états d’âme, mais je n’y arrivais pas. J’en avais des états d’âme, mais pas ceux auxquels on s’attend. Chaque coup provoquait en moi une montée d’adrénaline grisante qui me donnait envie de porter un nouveau coup, et un autre, et encore. Je n’avais jamais remarqué quel exutoire pouvait représenter une personne. Un chiffon contre lequel rediriger toute sa haine, toute son énergie, toute sa force. C’était grisant, ouais, c’était aussi plaisant qu’un bon massage, ça détendait les muscles et l’esprit. Je n’ai plus besoin de penser à rien, je suis détendue, je me défoule à ma guise, rien ni personne ne peut m’arrêter. J’ai le pouvoir de décider.


- … ort. MORT !

Une voix lointaine finit par me perturber dans mon « travail » qui était plus un plaisir qu’autre chose. Je décidai de l’ignorer et de continuer ce que je faisais, ce ne devait pas être très important. J’avais déjà oublié la présence de Matt McCravatt depuis belle lurette, aussi vite que la raison de ma présence ici. Je n’avais qu’une chose en tête : frapper. Du coup, en détectant un mouvement un peu trop proche sur ma gauche et un contact imprévu, je changeai de cible pour porter mes coups à la menace éventuelle. Mais personne ne m’attaqua, je me sentis simplement enveloppée tandis que des mains fermes mais délicates stoppaient mon attaque. Les doigts tremblants de Matt ouvrirent tendrement mes poings crispés avant que ses bras ne se déploient à nouveau autour de moi. Il se mit alors à basculer d’avant en arrière et à me caresser les cheveux. Tout cela, je le vivais et le ressentais d’un air détaché. Je le laissais effectuer un geste que je n’avais jamais supporté tandis que mon cerveau assimilait lentement ce qui venait de se passer. Je restai interdite un long moment, comprenant progressivement que je venais de tuer un être humain. Que je venais de prendre plaisir à le tuer. J’avais aimé ça. Du plaisir à tuer… Non… Non… Impossible, pas moi, pas ça… Monstre, monstre. MONSTRE ! Voilà ce que j’étais ! Un monstre au sang chaud aussi incapable de sentiments que ces horribles matons ! Je me dégoûtais, j’avais envie de vomir, de mourir. Je ne méritais plus de vivre après ça ! Non, plus jamais vivre ! Matt me murmurait des pardons que je ne comprenais pas, dont je ne comprenais pas le sens. Tout contre lui, je suffoquais, trop de sanglots se bousculaient dans ma poitrine. Je voulais fuir mais son contact me calmait. Je m’en voulais mais c’était lui qui s’excusait. Tout était si contradictoire. Je me surpris à lui rendre son étreinte et à pleurer avec lui, sur son épaule, m’abandonnant sans pudeur à tout mon désespoir. Je ne savais plus que penser, je savais que plus rien ne serait pareil après ça, plus jamais je ne serais capable de me regarder dans la glace. Il était inconcevable pour moi de continuer à me respecter après… Ca !

Pardonne-moi joli chat. Je voulais seulement te sauver en t’emmenant à mes côtés. Je pensais que rejoindre l’autre dingue était ce qu’il y avait de mieux pour mourir vieux. Je voulais t’éviter d’être brisée, défigurée comme je l’ai été. Malheureusement… Je ne sais pas, je ne sais plus. Pourras-tu tuer ainsi sans broncher ? Ne vaut-il pas mieux être défiguré que de devenir fou à lier ? Je ne sais plus tu sais… Mais chuuuut… Ne pleure pas, je suis là. Je te protègerai contre vent et marée. Je refuse de te voir mourir tu sais. Toi, Jamie et moi, on s’en sortira. S’il faut mourir pour vous faire sortir, sache que je suis prêt à périr. Je vous aime trop que pour vous perdre mes agneaux. Pardon, pardon…

Je n’avais jamais compris pourquoi cet inconnu s’était épris de moi. Jamais je n’avais eu d’explication logique et rationnelle au fait que Matt McCravatt, un parfait inconnu lorsque je l’avais rencontré, me demande en mariage chaque fois que j’avais le malheur de croiser sa route. Une mauvaise blague ? Un malade mental ? En tout cas, un mec agaçant et qui me révulsait. Et là je me retrouvais à serrer dans mes bras ce mec à qui j’aurais collé une beigne pour m’avoir seulement approchée en temps normal. Mais le temps normal n’avais plus cours ici, et je fus choquée de comprendre que c’était un amour véritable qu’il me vouait. Je n’avais pas compris jusqu’ici que dans son cœur, j’étais presque aussi importante que son cher cousin. Il s’était démené pour que tous les trois on s’en sorte. Et là il risquait sa vie parce qu’il regrettait ce qui m’arrivait. Car si Nathaniel apprenait ce qu’il disait, c’était fichu. Sans en ressentir la moindre honte, je continuai à sangloter sur mon épaule tandis qu’il caressait mes cheveux aux mèches poisseuses de sang. Je ressentis un certain réconfort à me retrouver là, blottie dans ses bras. Il était désormais mon seul soutient, le seul à pouvoir me comprendre et me soutenir dans cette merde. Je maintins mes yeux obstinément fermés mais l’image de ce pauvre type fracassé de mes propres mains dansait sous mes paupières closes. Matt serait le seul à comprendre ça, il l’avait vu, lui aussi. Peut-être même qu’il avait été forcé de faire pareil. Après tout, lui aussi avais manié allègrement la batte tout à l’heure. Je me sentais si proche de lui, d’un coup… Mes joues encore ruisselantes de larmes, je décollai légèrement ma tête de son épaule et, après un regard fugacement échangé, sans réfléchir, je me laissai porter par mon envie soudaine, pressant mes lèvres contre les siennes.
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Les larmes coulaient comme jamais. Ces gouttes salées combinées au sang séché rappelait l’être qui gisait, mort désormais. Ils avaient tué. La réalité avait été bien dure à encaisser. C’était d’ailleurs pour cela que le jeune homme avait craqué. « Meurtrier » Voilà ce que la victime à ses pieds lui disait. Ses orbites tout de blanc habitées le fixaient sans arrêt, le faisant frissonner. Il avait la nausée mais tant pis, il fallait assumer. Le Mal était fait. Impossible de l’effacer. Son âme d’enfant lui avait été arrachée lorsqu’il avait choisi d’aider l’autre cinglé. Il aurait pu refuser de collaborer mais leurs vies importaient plus que la sienne vous savez. Il était prêt à se sacrifier pour assurer la survie de ces deux êtres auquel il tenait. Malgré tout, ça faisait mal de devoir faire ‘ça’, ça faisait mal de se savoir traître de surcroît. Il n’eut cependant guère le temps de s’apitoyer lamentablement. Car ce qu’il attendait inlassablement venait de se dérouler à l’instant : un baiser. Elle venait de l’embrasser, sa douce, sa belle tigresse adorée. On aurait pu attendre une réaction endiablée de la part de ce gamin survolté mais contre toute attente, son cerveau avait tout simplement planté. L’information ne voulait visiblement pas passer et il s’était écoulé près de trois secondes avant qu’il ne réponde au baiser. Lentement, doucement, amoureusement, tout simplement.

Ce geste était empli de tout un tas d’émotions qui bouillonnaient dans le cœur de notre compagnon. Les sinistres circonstances n’étaient pas étrangères à cet échange empli d’aussi délicates intentions. Autrefois, il aurait été bien moins mignon. Il aurait plombé l’ambiance comme un c*n en agissant comme un homme de Cro-Magnon. À n’en pas douter, Matt aurait balancé une réplique totalement déplacée et il aurait pris une bonne douille dans la tête le blondinet. Après tout, cette ‘amourette’ n’avait rien de bien sincère dans sa petite tête. Elle était une parmi tant d’autres à subir les dragues peu subtiles de notre ami débile. Mais c’était avant. Maintenant… Étrangement, sans trop comprendre comment, le jeune homme avait fini par l’aimer réellement. Ses ‘techniques’ ne s’étaient certes pas améliorées mais les autres avaient fini par être épargnées. Il ne restait plus qu’elle désormais. Elle avait continué à le rabrouer mais il avait persévéré. N’allez pas croire qu’il avait réellement compris que son cœur ne battait plus que pour elle pardi ! Tout ceci s’était déroulé à son insu, jusqu’au jour où l’autre fou les avait tous battus. Et là, un déclic avait eu lieu. Il ne voulait pas qu’elle meure. Il voulait la savoir en vie, tout comme Jamie. Or, jamais personne n’avait eu autant d’importance que son cousin chéri. C’est ainsi qu’il avait compris.


Je te l’avais bien dit l’ami que la vie était injuste pardi ! Regarde-toi ! T’es mort alors que moi, elle m’a embrassé, si c’est pas la classe, ça !

Bon, ok, le baiser était plus sérieux qu’il ne l’aurait jadis été mais… Matt restait lui-même, à n’en point douter. Et v’la ti pas qu’il se mettait à rigoler. Était-il tout simplement cinglé ? Avait-il déjà oublié ce qu’ils avaient fait ?!? Ou bien… Ses yeux brillaient d’une lueur étrange tandis qu’il regardait son bel ange. Sous ses airs de type totalement décalé se cachait en vérité un gamin plus sérieux qu’il n’y paraît. L’incongruité de ses mots prononcés avait eu pour but de détendre les deux incriminés. En quelque sorte. Il n’avait jamais été assuré que cela allait fonctionner. Mais il aurait eu le mérite d’avoir essayé. Il ne savait pas trop ce que représentait ce baiser, ni la raison pour laquelle ils l’avaient échangé mais peu importait. Sa détermination s’en était retrouvée renforcée. Même si elle ne l’aimait pas comme elle le prétendait, elle éprouvait un petit ‘quelque chose’ pour lui et c’est ce qui importait. Il voulait désormais plus que jamais la protéger. Il jouerait les preux chevaliers, la protégeant contre vents et marées. Il le faisait déjà avec Jamie. Il avait accepté sans broncher les ordres de la Folie pour protéger son cousin chéri. Alexis était peut-être plus ‘apte’ au combat mais il la protègerait quoiqu’il en soit. C’est ainsi qu’il se redressa, prêt à s’occuper du reste comme il se doit. Après un petit clin d’œil complice, Matt s’avança jusqu’au cadavre qui gisait là.

En parfait gentleman que je suis, je ne te demanderai pas de le porter jusqu’au bain caustique, ma jolie. Je ne sais pas si tu sais ce que c’est… Humpf. C’est qu’il est lourd le bougre. En fait, le chapelier a créé une sorte de piscine mais… Ne va pas y faire trempette car tu finiras en squelette ! Je t’assure, le dernier que j’y ai balancé a fondu. C’est… Argh. T’es vraiment un boulet jusqu’au bout, toi ! Pas étonnant qu’il te voulait mort. Bref… Tu fous le cors dedans et pif, paf, pouf, il fond comme neige au soleil. Ça permet d’éviter la surcharge, c’est mieux qu’une décharge. Tu peux faire le chemin avec moi, je me débrouillerai pour le porter, ne t’en fais pas. Je t’aurai bien dit de retourner dans nos quartiers chérie mais je doute que le chapelier soit content si tu t’en vas avant le dénouement. Bien que je n’aime pas que tu participes autant que moi, nous n’avons pas le choix… Jamie est épargné, en échange de quelques concessions de ma part envers l’autre cinglé.

Les deux dernières phrases avaient été murmurées, de peur d’être interceptées. Sous son attitude nonchalante, le gamin restait conscient de ce qui allait les attendre si jamais ils venaient à se faire prendre. Il n’aimait pas ce qu’il faisait mais il obéissait sans broncher. Il voulait les protéger alors il se taisait. Il fallait tabasser ? Il obtempérait. Il fallait tuer ? Il le faisait sans rechigner. Torturer était devenu son ‘passe-temps préféré’ depuis qu’il avait rejoint les rangs de l’autre fêlé. C’était toujours mieux que de tuer, de devoir transporter les cadavres dans le bain vers lequel ils se dirigeaient. Mais maintenant, tout serait différent. Il avait quelqu’un avec qui partager ce qu’il vivait. Il pourrait peut-être mieux encaisser les ordres qu’il recevait. Tuer serait peut-être moins pénible, qui sait ? Il aurait une épaule sur laquelle pleurer quand il reviendrait de la salle de torture désormais. Il ne savait pas ce qui les attendait, ni ce qui les ‘liait’ mais peu importait. Ils sortiraient ensemble de cet enfer. Jamie était trop innocent que pour être mêlé à tous ces tourments. Il l’avait sciemment éloigné de tous ces agissements. Jamie ne devait pas tuer sinon il serait perdu à jamais. Matt ne savait trop comment l’expliquer mais… Il sentait que si son cousin franchissait ce pas, il ne s’en remettrait pas. Il devait le protéger. Poussé par une nouvelle détermination, le gamin portait son lot à destination.


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Je m’écartai avec un sursaut de gêne. Les yeux baissés, je sentis la chaleur envahir mes joues, elles devraient être écarlates, et pas que de sang. Le bout de mes oreilles s’enflamma lorsque je rompis le baiser, c’était trop étrange pour rester anodin comme geste. C’était un torrent d’émotions contradictoires et violentes qui déferlait en moi à cet instant ; une avalanche faite d’autodestruction, de pleine confiance et d’horreur. J’étais horrifiée, oui. Cet hôtel me terrifiait – Nathaniel me terrifiait ! – j’étais choquée par la violence qui m’entourait et se resserrait sur moi comme un étau, inexorablement, comme s’il attendait que ma tête explose. Et je venais de la causer moi-même cette violence, et pour ça je me haïssais, je ne sentais plus que je méritais de vivre après ça. Je me demandais s’il ne valait pas mieux pour tout le monde que j’abandonne ici, que je crève, tout simplement, pour ne plus rien faire d’affreux.
Mais Matt était là, lui. Il m’avait tendu la main et ne m’avais pas tourné le dos lorsque j’avais trahi, il avait compris mon choix. Désormais, nous étions seuls, mais ensemble. Il n’y a qu’à lui que je puisse parler sans crainte. Mais doucement, Alex, doucement… N’es-tu pas entrain de t’emballer un peu vite ? Et s’il était comme les autres ? Non. Tant pis si je fais la sourde oreille à la prudence – peut-être mon inconscient a simplement besoin de se raccrocher à quelque chose comme le font les croyants ? Ce baiser ne voulait pas lui dire « je t’aime », ce baiser signifiait plutôt « je suis perdue et désespérée, laisse-moi m’accrocher à toi pour survivre, tu es le seul à pouvoir me comprendre ». C’était évident que j’avais besoin de son soutient. Depuis la première fois où Nath m’avait révélé en partie ses intentions, je n’avais pu parler librement de mes angoisses à personne. Jamais me confier à qui que ce soit…

Ressentir un tel soulagement à un endroit et à un moment pareil – et surtout en pareille compagnie morbide – me parut déplacé, incongru. Mais ce fut certainement moins déplacé que l’attitude de Matt. Il avait repris son ton guilleret, ses attitudes désinvoltes et à côté de la plaque. Je levais les yeux au plafond et eus un sourire crispé. Il ne changerait pas de sitôt, finalement. Mais j’avais bien compris qu’il tentait simplement de briser ce lourd silence glauque et pesant. Je le regardai dans les yeux. Etait-il si détaché que le ton de sa voix le laissait croire ?
Il se leva et se pencha sur le cadavre cabossé pour le ramasser. D’un ton toujours aussi enjoué, il entreprit de le charger sur son épaule tout en m’expliquant l’usage du bain caustique. Apprendre que le « dernier cadavre qu’il y a balancé » a fondu ne donna la nausée. Non que les trucs sanglants me gênent – j’avais la chance d’être plutôt bien immunisée de ce côté-là – mais parce que cela signifiait que ce n’était pas le premier cadavre qu’il charriait. Et par extension, qu’il y avait dut y avoir d’autres morts. Combien ? Qui ? Je ne devrais pas me poser la question. Ca ne servirait qu’à me torturer aussi sûrement que les bourreaux de Nathaniel. Je finis par me redresser en prenant mon temps, puis je l’aidai à ajuster un bras encombrant qui pendait de travers sur son épaule. Je pris une grande inspiration pour m’éclaircir l’esprit et me forcer à chasser mes idées noires.


- Je prendrai le relais plus loin, je ne te laisserai pas le porter seul, je suis avec toi, maintenant. C’est notre fardeau, tu n’as pas à t’en charger seul, je refuse de te laisser tomber maintenant qu’on est dans la même galère. En plus de ça, tu es blessé, et pas qu’un peu. Je suis tout à fait capable de m’en charger, va falloir l’admettre si tu veux qu’on fasse équipe.

Je le contournai pour ramasser la batte qui baignait dans le sang d’un corps qu’elle avait à peine touché. J’imagine que les matons se chargeront de nettoyer le sang, à moins que Nathaniel ne décide de laisser la place en l’état à dessein. Genre pour rendre les lieux encore plus glauques ou pour faire flipper un peu plus les « résidents ». Ce ne serait pas inutile ni bête, au final. Son organisation était bien pensée, du moins pour l’instant. Mais à mon avis, il ne perd rien pour attendre, il y aura de la résistance ! Mais non, idiote. Regarde-toi ! T’as tenté de résister, de lui faire croire que t’étais dans son camp, et qu’as-tu gagné ? Il a vu clair dans ton petit jeu, imbécile. Et en plus tu t’es jetée la tête la première dans son petit jeu : t’as peut-être trahi tout le monde une fois, mais maintenant que tu t’es liée ainsi avec Matt, il te tient par les sentiments comme il le tient lui avec son cousin. T’as rien gagné. Non seulement il te tient, mais en plus il te rend folle, te voile pas la face. Tu serais pas entrain de te parler toute seule ni même d’oser songer que « c’est une bonne idée de faire flipper les gens ». T’as tué un pauvre type ma vieille. T’as trahi tous tes « amis » ici. T’as retourné tes armes contre eux qui te faisaient confiance, t’es même allée jusqu’à les regarder se faire tabasser et torturer pendant deux jours. Après ça, ose me dire que t’es pas barje.

Rien à foutre d’être barje. Au moins c’est pas moi qui me fais tabasser.


- On y est presque, non ? Passe le moi, te fatigue pas pour rien, je fais le reste.

Il n’a pas franchement l’air d’accord, mais j’ose imaginer qu’il a compris que j’ai besoin de le faire moi-même. Même avec quelques litres de sang en moins, ce type n’en pèse pas moins lourd. Un poids mort, littéralement. Mais loin de moi l’idée de me plaindre, il faut que j’y arrive seule. Bon sang, j’espère qu’on y est vraiment bientôt, à ce bain caustique. Le cadavre commence à puer la mort et à glisser sur mon dos. Heureusement que Matt est là pour m’aider à le redresser, mais même s’il me propose de se charger du reste, il se verra opposer un refus net.
Ca y est, enfin la porte. Elle a l’air lourde au bout du bras de Matt, elle grince et une bouffée de relents toxiques vient me brûler les narines et me piquer les yeux à en pleurer. Vous avez probablement tous déjà épluché un oignon ? C’est assez comparable à la différence que cette odeur ne fait pas que faire couler les larmes, elle brûle toutes les muqueuses accessibles. Qu’importe, ce sera vite fait. Je pose le corps à mes pieds, délicatement, de peur de tomber ou qu’en chutant dans le liquide il n’en projette sur moi. Je me redresse, je n’ai plus qu’à le pousser du pied et tout sera fini. Pourtant, je n’arrive pas à me décider. Ses yeux tuméfiés sont tournés vers moi, accusateurs. Inconsciemment je sens que le souvenir de cet homme va me hanter pour le restant de mes jours, je sens que jamais je n’oublierai cet instant où, le poussant dans le liquide corrosif, je ferai disparaitre à tout jamais cet homme. Mais je ne veux pas l’oublier. Je veux me souvenir combien il est horrible de faire ça pour ne plus jamais avoir à le refaire.
Du bout du pied, lentement, je le fais rouler, très lentement, vers le bord du petit bassin. J’hésite jusqu’à donner la dernière petite impulsion fatale. Une gouttelette a cramé le bout de ma godasse à quelques millimètres de mes orteils mais mes yeux ne parviennent pas à se détacher de cette chose inhumaine qui fond rapidement. Bientôt, ce sera comme s’il n’avait jamais existé. J’ai détruit une vie et la preuve de son passage sur terre, tout est fini.

Tu crois vraiment ? Hop, on balance une victime dans de l’acide et on s’époussette les mains ? C’est comme ça, selon toi ? Tu rêves. C’était pas un accident, c’était pas non plus rapide. Il t’a supplié. Et t’as kiffé. Il est mort lentement sous tes coups avec pour dernière vision la gueule ravie d’une cinglée qui lui cogne dessus de toutes ses forces. Tu peux balancer son cadavre dans de l’acide, tu pourras jamais effacer son souvenir. T’es cinglée, je te rappelle. Si ça se trouve, tu vas finir par le voir te suivre partout dans les couloirs, il va te parler, te raconter en détails chaque instant de douleur que tu lui as fait subir.
Non ! Arrête ! Ce sont des conneries tout ça ! Je ne suis pas barje à ce point, je sais faire la différence entre la réalité et les hallucinations.
Alors pourquoi tu es entrain de te disputer avec moi ? Avec toi, en fait. T’es fichue ma pauvre, Nathaniel a trouvé tes failles et a su les exploiter pour faire de toi un de ses larbins. T’es plus rien, maintenant ! Tu ne représentes plus rien ! Tu penses sincèrement que te souvenir de ce meurtre t’empêchera d’en commettre d’autres ? Crétine, tu vas recommencer, c‘est moi qui te le dis. Et plus d’une fois. Et crois-moi que, tôt ou tard, tu vas kiffer. Tu te souviens de la joie de sentir ses os craquer ?
Arrête !
Et quand il criait, quand il te suppliait ? T’es devenu un monstre ma grande, va falloir t’y faire, arrête de te voiler la face ! C’est ton nouveau quotidien à présent de faire souffrir tes amis et les pauvres inconnus infortunés.


- Non… Je refuse…

J’avais murmuré cette phrase, penchée au-dessus du bassin. Le corps avait disparu à présent. Je fis quelques pas avec lenteur pour m’approcher un peu plus du rebord. Trop près pour être à l’abri d’un faux-pas à vrai dire. Je m’arrêtai au bord, tout près du bord. Le bout de mes chaussures surplombait le vide. Mon visage ensanglanté se reflétait face à moi, déformé. Je refuse. Je ne veux plus faire ça. Je ne finirais pas mes jours comme un monstre hanté par un fantôme. Pardon Matt, je ne voulais pas te faire de peine, mais je ne veux pas non plus souffrir d’avantage. Je tends un pied au-dessus du bassin. Je déséquilibre mon corps.
Crève, faiblarde.


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Il avançait sans se retourner, portant son lourd chargement sans se plaindre pour autant. La jeune femme à ses côtés, de temps à autre, l’aidait. Elle avait ramassé la batte abandonnée. Elle avait également réajusté un bras malencontreusement égaré. Elle était même allée jusqu’à lui assurer qu’elle prendrait le relais lorsque la fatigue le gagnerait. ‘C’est notre fardeau, tu n’as pas à t’en charger seul. Je suis tout à fait capable de m’en charger, va falloir l’admettre si tu veux qu’on fasse équipe.’ Cette phrase lui avait rappelé ô combien sa dulcinée nécessitait une protection différente de son cousin adorée. Elle savait se battre. Elle pouvait visiblement suivre les ordres du chapelier sans que le blondinet n’ait trop à s’en inquiéter. Elle était forte sa Catwoman. Il n’avait pas besoin de la ménager, ni de s’occuper des sales besognes pour occulter la réalité qu’ils vivaient. Elle était moins innocente que Jamie et c’est peut-être ce qui faisait sa force, à sa chérie. Elle n’avait qu’on la protège. Elle pouvait être son soutien, sa partenaire. Oui, ils seraient désormais comme les deux doigts de la main, obéissant au Malin pour survivre jusqu’au lendemain.

« Blessé… Oui… » Le blondinet s’arrêta un instant comme pour se rappeler. « C’est vrai que Cthulhu m’a bien amoché l’autre jour. Mais maintenant, on est copain comme cochon lui et moi ! Il suffit de savoir s’y prendre et paf ! Il devient doux comme un agneau. Enfin… Presque quoi. Il est toujours aussi agressif avec les autres mais ça, c’est pas grave ! Tant qu’on est épargné… Il est un peu bête sur les bords, tu sais. Il suffit de l’appâter avec de la bouffe et il remue les tentacules comme un brave toutou. Nosferatu est du genre solitaire par contre, il m’approche rarement. Il est assez flippant. La dernière fois, Cthulhu l’a énervé et il a embroché un pauv’ maton juste comme ça. »

Matt avait oublié, l’espace d’un instant, qu’il portait un cadavre tout en marchant. Le bruit sourd que fit le corps en chutant le lui rappela cruellement tandis qu’il levait les bras pour mimer le « juste comme ça. » ‘On y est presque, non ? Passe le moi, te fatigue pas pour rien, je fais le reste.’ Matt avait boudé, il avait aussi failli s’y opposer… ‘C’est notre fardeau’ Ces quelques mots résonnaient dans sa tête et c’est pourquoi il n’avait pas fait le trouble-fête. Il l’avait aidé quand le corps glissait, il avait également ouvert la porte lorsqu’ils étaient arrivés. Et là, il avait attendu. Il savait qu’elle était forte mais… Était-elle capable de le faire ? Pour l’avoir commis plus d’une fois, Matt savait pertinemment que l’on ne s’en remettait pas. Une partie de votre âme disparaissait à chaque corps qui plongeait. Il avait été tenter de sauter plus d’une fois son méfait mais les deux visages s’étaient alors imposés, l’arrêtant avant qu’il ne disparaisse à jamais. Mais elle ? Qu’avait-elle ? Il ignorait ses motivations. Risquait-elle, elle aussi, de vouloir abréger sa vie ? Et si c’était le cas ? Quelle raison invoquerait-elle pour se détourner du grand plongeon ?

Le corps roulait alors qu’il se questionnait. Le cadavre finit par trouver la paix du havre. Le regard chocolat de sa princesse de Sabbat reflétait les inquiétudes qui l’habitaient autrefois. Elle avait hésité, trop longtemps vous savez, et Matt savait ce qu’elle pensait. Il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert et… ‘Non, je refuse.’ Elle s’avance. Matt la voit faire au ralenti, comme un slow motion dans les movies. Il se refuse à la laisser s’en aller, même si la culpabilité doit la ronger. Ils sont deux à souffrir, ils sont une équipe pour se soutenir ! Alors qu’elle a un pied dans le vide, il la rattrape par le bras et la tire sans ménagement la faisant tomber au sol en un bruit sonnant. Se mettant face à elle, la colère brûle dans ses prunelles. Elle n’a pas le droit ! Elle ne peut pas l’abandonner comme ça. Elle souffre, il le sait, mais il a envie de lui crier « tu n’es pas la seule tu sais ? » Pourtant, il ne le lui dira pas, elle n’a pas à entendre cela. Il est là pour la protéger, pour l’épauler et non pour l’enfoncer. Ce n’est pas pour autant qu’il ne va pas lui faire un sermon à cette vile guenon. Elle va l’entendre crier, elle va le voir en colère comme jamais.

« Non mais t’es malade ! C’est pas un jouet, un jour ou l’autre, il va t’avaler tout cru ! Tu penses que couler va t’aider ?!? Tu seras morte, ouais, et après ? Tu as pensé à ceux qui vont rester ? Tu as pensé au mal qu’ils vont endurer ? A la douleur qui va les poignarder ? Tu crois que tu peux tout plaquer comme si de rien n’était ? Tu n’as pas le DROIT ! Tu m’entends ?!? Tu ne peux pas m’abandonner comme ça ! On s’est fait la promesse de se battre ensemble, tu te rappelles ? On est une équipe maintenant, c’est toi qui l’a dit ! Bon sang ! » Essoufflé, il avait fini par s’agenouiller, il l’avait secoué comme un prunier puis il avait fini par s’agripper comme un koala le ferait envers son bambou préféré. « Tu ne crois pas que j’y ai déjà songé ? Mais… Si je disparais, qui s’occupera de Jamie ? Qui le protègera au péril de sa vie ? Et puis… Ça n’a peut-être pas beaucoup de valeur à tes yeux mais je tiens à toi, tu sais ? Je ne veux pas te laisser derrière, affronter toute seule Nathaniel. Je suis là. Alors ne me laisse pas… S’il-te-plaît. Je t’en prie… Ne m’abandonne pas… »

Il avait fini par craquer, les larmes avaient coulé le long de son visage balafré. Il s’était promis de ne pas divulguer ses envies de sauter mais sous le coup de l’émotion, il avait lâché la bombe à neutrons. Et là, tout simplement, il se mit à pleurer comme un enfant. Il hurlait à perdre haleine, criant au monde entier toute sa peine. Il était un enfant qu’on avait forcé à tuer pour se sauver. Il était un adolescent pris en plein tourment, les cadavres s’amoncelant, trébuchant sur l’horreur de ses agissements. Croyait-on sincèrement qu’il fasse cela gaiement ? Il avait encaissé sans broncher, tuant, mutilant pour sauver ceux qu’il aimait. Et là, il aurait dû se taire et perdre sa douce et chère ? Non ! C’était peut-être égoïste mais il refusait de la laisser s’en aller. Elle devait rester. S’il la perdait, que lui resterait-il pour supporter ce qui l’attendait ? Jamie… Jamais il ne pourrait se confier à lui. Il ne pouvait pas… Il ne DEVAIT pas ! Mais comment pouvait-on espérer qu’il continue de se battre si… Il avait atteint un point de non-retour. Il avait craqué. Il déversait sa tristesse, son désarroi. Il hurlait comme le gamin qu’il était. Car là, le malheureux avait failli voir un être cher mourir sous ses yeux.

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J'ai déplacé mon post au bains caustiques, ça fait déjà deux posts qu'on y est mais bon. Voilà voilà, suite aux bains caustiques, je clôture ici!
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C'est parfois la peur de la mort qui pousse les hommes à la mort {Alexis}