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Evangile de Saint Ruthel - Le figuier stérile
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▌Date d'arrivée : 15/12/2009
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Heure paire, tour des hommes. A peine quelques âmes occupaient les douches communes, cherchant à se purger des horreurs subies en ces lieux. C'est ici que restait le peu de civilité, l'infime restant d'amour propre qui les séparait de la bestialité de l'asile. Hygiène... Le mot était bien grand pour décrire cette salle. Les murs carrelés fissurés et jaunis semblaient avoir été témoins d'atrocités qui ont perdurées pendant des décennies. Ironique, quand on sait que cet établissement n'est apparu que depuis quelques jours, voire quelques semaines. De façon quasi-militaire, l'alignement des douches et des lavabos ne laissaient aucune personnalité ou chaleur se faire sentir. Les quelques miroirs brisés présentaient un reflet grimaçant plutôt réaliste du chaos de la pièce. Les tâches de sang brunies par le temps trainant au fond des douches, situées dans son dos, ne faisaient que renforcer les convictions sur cet asile: personne n'est à l'abri. Nulle part.

Un mince filet d'eau jaunâtre fuyait du robinet rouillé, laissant ses trainées vieillies emporter les quelques mèches de cheveux qui trainaient dans l'évier. Quelques gouttes de sang perlaient par endroit, s'incrustant dans le tissu de veines formé par l'émail craquelé. Une pointe de cheveux à la fois, à un rythme constant, chronométré, la couleur noire mêlée au fluide rubicond dominait sur l'émail blanc cassé, avant d'aller se lover dans le siphon et partir dans les entrailles de l'immeuble, jamais repu, malgré le sang versé en ses murs. Les dernières pointes de cheveux couleur corbeau tombaient au milieu de la bonde du lavabo, tandis qu'une main tendue cherchait à laver le sang ruisselant au bout de ses doigts. Vides de toute expression, les yeux bleus de l'adolescent croisèrent leur reflet dans le miroir. Ryann observait son double qui lui faisait face, posant la lame de rasoir qu'il utilisait sur le rebord de la cuve et occupé d'éponger avec une serviette d'un gris terne le rouge collant sur sa main droite.

Ses traits étaient tirés, ses yeux caves et son teint blanchi. Un fantôme, une ombre. Le sommeil n'était plus une option depuis que cet hôtel était devenu par on ne sait quel phénomène, un asile, et son corps en a subi les affres. Chaque jour, chaque soir, l'adolescent vivait dans l'inquiétude d'être choisi pour partir en salle d'examen ou, pire, de torture. Cette terreur qui vous prend aux tripes quand le pas lent et lourd des matons signale un nouveau « tour de manège » pour les gens séquestrés entre ces murs... Avec un léger tremblement, sa main droite se posa sur son torse nu marqué par quelques ecchymoses. La glace et la lumière froide qu'elle rendait, n'adoucissaient pas les marques qu'il avait reçu en guise de « souvenir ». La mine morose, il tâta de façon presque mécanique, certains endroits sur son corps afin de voir où allaient apparaître les prochains bleus, laissant çà et là quelques tâches de sang dilué. L'examen terminé, il chercha près de lui son T-shirt qu'il avait posé sur un tabouret. Sans ardeur, il jeta le linge dans le lavabo avant de rouvrir le robinet.

Frotter, frotter, frotter. Les croûtes de sang brunies se détachaient à peine sous le savon noir, malgré les efforts répétitifs du jeune garçon pour les effacer à jamais, comme s'il cherchait par ce geste à effacer ses derniers souvenirs de sa mémoire. Du revers de la main, il s'épongea sous le nez, lassé de cette démarche vaine. S'appuyant sur les rebords de l'évier, ses doigts minces et fragiles crispés autour, il regardait l'eau rouillée traverser le tissu avant de partir définitivement, laissant le linge aussi sale qu'au départ. D'habitude, telle ironie l'aurait fait sourire, mais plus aujourd'hui, pas maintenant. Depuis qu'il s'était réveillé dans cette cellule sombre et poussiéreuse, Ryann n'avait de cesse de retrouver sa sœur. Peine perdue, personne ne savait ou voulait dire quoique ce soit. Son cas était sûrement spécial et elle a du être isolée des autres, pour obtenir un traitement particulier. Arrivé à cette conclusion, l'adolescent s'était contraint à ne suivre plus qu'une seule voie: la résignation.

Un homme toussa bruyamment auprès de lui, le tirant de ses pensées. Ryann le suivait du regard, distraitement. L'homme semblait extrêmement affaibli. Ses jours étaient bientôt comptés... Comme tous ici. Le garçon reprit sa besogne tandis que l'adulte toussait de plus belle, laissant entendre un bruit de régurgitation. Soupir de la part du garçon, il revoyait son jugement, les matons allaient sûrement le prendre en charge ce soir-même. C'était souvent ainsi, c'est plus facile et plus sadique d'affaiblir un être avant de l'achever. Alors qu'il observait la sortie que prenait le malade, un reflet doré qu'il connaissait bien franchit les lieux...

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▌Date d'arrivée : 09/12/2009
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Le figuier stérile
selon l'évangile...

Une fois de plus, je me retrouvais couvert de rouge carmin, le mien. J’avais à nouveau tenté de résister, sans grand succès. Les coups s’étaient succédés, le sang avait été versé et j’avais succombé. Sous la douleur ou peut-être l’épuisement, j’avais sombré dans l’inconscience… Tout ça parce que j’avais voulu prendre la défense d’un pauvre gamin qui se faisait ruer de coups. Néanmoins, je ne regrettais pas mon geste. Il était hors de question que je reste les bras croisés comme la plupart des autres le faisait. Comment pouvait-on rester aussi amorphe ? Croyaient-ils sincèrement qu’un p**** de miracle allait nous tomber dessus sans crier gare ? Il fallait qu’on se bouge sinon nous allions tous y passer. Il suffisait de voir comment les choses se détérioraient… Si nous ne mourrions pas « physiquement », on finirait par mourir « psychologiquement », ce n’était pas mieux. Malheureusement, tout seul, je n’arriverai jamais à rien. Il y avait certes Matthew à mes côtés mais bon… A deux ou tout seul, la différence n’était pas énorme, hélas. Nos efforts se soldaient toujours par de cuisants échecs, des coups, un goût métallifère dans la bouche et les larmes contenues de Margaret. Nos corps se meurtrissaient à vue d’œil et il n’en faudrait guère davantage pour craquer… Sauf que si nous abandonnions le combat, qu’adviendrait-il de Margy ?

Il nous fallait recruter d’autres téméraires pour affronter O’Bryan. Le seul problème (et ce n’était pas un petit croyez-moi !), c’est que les gens étaient tous de parfaits couards. Ils voulaient sortir, ça oui, mais dès qu’il fallait bouger le petit doigt pour que les choses changent alors là, ils retournaient leur veste comme de parfaits ingrats et nous laissaient se faire éclater la tronche comme si ça ne les concernait pas. Bande de sales ****. La seule raison pour laquelle je ne les frappais pas, c’était que je n’en avais pas la force sinon croyez-moi que je les aurai fait morfler ces sales petits peureux de mes deux. Je n’avais même plus l’énergie nécessaire pour montrer une certaine résistance aux deux matons qui me raccompagnaient à ma cellule. Il était bien beau le « héros »… Tchk ! Il fallait croire que mon boulot dans la publicité m’avait ramolli car j’aurai été beaucoup plus rebelle avant… Enfin, je disais ça mais… Ce n’était pas comme si mes petites batailles entre gangs étaient aussi impressionnantes que la pression quotidienne que je supportais depuis près de quinze jours désormais. C’était aux antipodes même… Traîné puis jeté dans ma cellule sans autre forme de procès, je n’ai même pas eu le courage de fusiller mes bourreaux du regard. Je tenais plus du chiot battu que du molosse hargneux… Pfff, quelle déchéance.

J’avais du mal à respirer, j’avais mal partout et j’avais la tête qui tournait. J’étais vraiment mal en point et avant que vous ne vous imaginiez que je dramatisais, figurez-vous que non ! Le docteur Chace ne se serait pas précipité pour m’ausculter si je jouais la comédie… Il me parlait doucement mais je ne comprenais pas un traître mot de ce qu’il pouvait me raconter. Bon sang, reste concentré White bon dieu ! Plus facile à dire qu’à faire… J’entendais parfois quelques mots plus distinctement que d’autres mais j’aurai bien été incapable de reconstruire une phrase cohérente… Apparemment, mes blessures étaient « superficielles » selon les dires du doc’. Enfin, il voulait dire que le sang ne coulait pas à flot et que la cicatrisation était déjà en marche, parce que bon… Ce n’était pas si superficiel que cela… Mais peu importe… Je devais rester concentré et… Une douche ?!? Comment pouvais-je passer de mes blessures à une douche ? Ah. Oui. Ca détendrait mes muscles et je pourrai nettoyer les plaies… Huuum… Reste concentré White ! Le regard hagard, j’opinais du chef sans grande conviction, je commençais doucement à sombrer à nouveau dans l’inconscience… Je devais rester « éveillé », on allait bientôt « m’y conduire », mais où… Ah, les douches communes. Oui, c’était sans doute l’heure d’y aller…

Je sentis plus que je ne compris qu’on tentait de me relever. J’avais du mal à fixer mon regard sur ce qui m’environnait, du coup, j’ai plus « suivi sans broncher » les personnes qui me tenaient sans trop savoir où j’allais. Je n’avais même plus la force de lutter… J’étais vraiment au bout du rouleau car si j’avais réellement fait attention, j’aurai remarqué que le doc’ m’avait refilé sa place pour la « sortie douches communes » et que deux gars qui se rendaient aussi sur les lieux m’aidaient à avancer sans me faire distancer par le reste du groupe. Nous y allions toujours par groupe de cinq. Le premier groupe partait, dix minutes après le second suivait. Le premier groupe revenait aux cellules tandis que le troisième quittait les lieux. Arrivés sur place, le deuxième groupe quittait à son tour et la chaîne se perpétuait ainsi sans fin. Parfois, cependant, certains clients arrivaient à déjouer la vigilance des matons et l’un ou l’autre prisonnier restait plus longtemps, traînant sous le jet d’eau tantôt glacé, tantôt brûlant. Et aujourd’hui, mère nature avait décidé que la séance de torture n’était pas suffisante sinon je n’aurai pas entre-aperçu Stalker dans cet endroit. Les deux gars m’avaient déjà délaissé et je peinais à avancer à travers la salle d’eau. J’étais obligé de m’aider du mur crasseux pour avancer… Foutue vie…


Stalker, sois sympa pour une fois dans ta vie… Ne me cherche pas des poux. Je ne suis pas… d’humeur… Gnnn… Ah ! Comme si tu allais me foutre la paix… Me voir… dans cet état… doit bien te faire rire. Vas-y. Lâche-toi. C’est ton heure… Gnn… de… gloire, gamin. Profite-en… Je suis trop… mal en poiiiint… pour ripos… Gnnn… ter…

La douleur avait repris de plus belle tandis que je parlais avec ce mioche détestable. Mes côtes me faisaient un mal de chien et j’avais du mal à respirer. Bon sang… Pourquoi fallait-il que mon corps me trahisse devant ce gosse tant détesté ? Forcément qu’il allait m’enfoncer ce sale petit mer**** de mormon. Allez, il fallait que je reste zen. J’étais vraiment mal en point mais ce n’était pas ce gosse qui allait gagner la bataille. J’avais encore suffisamment de ressource que pour le massacrer si besoin. Mais j’aurai préféré éviter de le faire, non pas parce que je ne voulais pas lui refaire le portrait (ça me démangeait même !) mais parce que… Il fallait rester réaliste, je n’aurai pas longtemps tenu la distance… Il partait avec un sacré avantage et ma fierté n’aurait pas supporter qu’il puisse gagner… Inspirant un bon coup, je finis par ouvrir les yeux pour voir mon vis-à-vis. Si un jour, on m’avait dit que je me retrouverai dans un endroit pareil avec lui, je vous aurai ri au nez à coup sûr. Comme quoi, la vie n’était que pure ironie… Toujours était-il que le voir là, dans cet endroit aussi sale et misérable, me faisait un drôle d’effet. J’avais beau le détester… Punaise, comment pouvais-je être suffisamment sans cœur que pour me réjouir de son état plus que lamentable ? Ouais, on se haïssait cordialement mais je n’aurai pas souhaité sa mort pour autant (juste qu’il soit parfaitement amoché et par moi ça aurait été encore mieux tiens !).
▌Date d'arrivée : 15/12/2009
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Le conteur a écrit:
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2eme relance, si d'ici quinze jours, je n'ai pas de news, je verrouille Wink
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