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A coeurs ouverts {Margaret}
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▌Date d'arrivée : 09/12/2009
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Alors que je referme sans ménagement mon livre, je soupire de dépit. J’ai beau lire, lire et lire encore pour me changer les idées, rien n’y fait. Je ne parviens pas à réprimer le visage en colère de Matthew, ni même celui peiné de Margaret. Raaaah pourquoi a-t-il fallu que je m’emporte de la sorte la semaine dernière ? Le pire dans tout ceci, c’est que je n’ai toujours pas su déterminer l’origine de cette colère qui m’avait envahi pendant ces sept derniers jours. Je veux dire… J’ai manifesté de la jalousie à leur encontre mais… Ce n’était pas moi ça, ce n’est pas possible. Leur petit « jeu » ne date pas d’hier alors pourquoi me serais-je emporté ainsi soudainement ? Ça n’a guère de sens. Et puis, cela fait tellement longtemps que j’essaie de les caser ensemble que… que… Je n’avais aucune raison de faire une crise !! Bon sang, j’ai beau tourné la situation dans tous les sens, je ne trouve pas de réponses et ça commence à me fatiguer. Énervé, je finis par m’effondrer sur mon lit comme si cet acte allait me donner une quelconque inspiration divine. Bah tiens, Dieu me déteste depuis la naissance, pourquoi ça devrait changer aujourd’hui, hein ? Les rêves, c’est beau, mais ça ne se réalise pas souvent. Enfin, surtout quand on s’appelle Ruthel White mais soit… Ruminer sur ma poisse et sur la haine de Dieu – et accessoirement de toute divinité mais bref – contre ma personne ne va pas faire avancer le schmilblick. Bien au contraire, ça ne fait que stagner…

♣ Ruthel : Aaaaaaaargh, j’en ai marre, marre, marre ! Bon sang, pourquoi est-ce que tout est si compliqué en ce moment ?

Bravo White, tu en viens à parler à un plafond. Tréfonds de la décadence. Si vous cherchez un boulet suffisamment idiot pour parler avec une baraque, appelez-moi ! Parce que non seulement je parle tout seul mais j’en viens à m’arracher les cheveux – comme si ça allait changer quelque chose – en prime… Bon, allez, arrête de ruminer et tente de réparer tes erreurs, vieux. On se lève et on bouge ce vieux sac d’os pour aller trouver Matthie et demander pardon. Ou pas. L’idée est plus qu’avisée mais voilà, étrangement, je n’arrive pas à dépasser le stade des « cogitations intellectuelles ». Sans doute est-ce lié au fait que ce n’est pas gagné, gagné. Après tout, j’ai juste gueulé sur mon frangin, après l’avoir accusé de me refourguer le rôle de chandelle entre ces deux imbéciles, et j’en suis presque arrivé aux poings. Pas étonnant qu’il me fasse la trogne (les rôles seraient inversés, j’aurai tenté de l’étouffer pendant son sommeil en signe de représailles). De fait, quand on présente les faits ainsi, on n’a pas envie de croire qu’il est possible de recoller les morceaux. Pourtant, j’ai envie d’y croire. Matthie et Margy, c’est la seule famille qu’il me reste. Mon point d’ancrage sur cette Terre qui me déteste depuis mon premier souffle alors je n’ai pas envie de les perdre. Une bonne explication, c’est qu’il nous faut. Au moins, même s’il ne me pardonne pas, je pourrai lui expliquer pourquoi j’ai agi ainsi (en admettant que je trouve la réponse entre temps ce qui n’est pas encore garanti à mon avis). Mais bon… Je ne pense pas que cela sera pour tout de suite parce que… Ouais, bon, d’accord, parce que ça me fait flipper grave et je suis p’t-être couard mais je m’en fous, je vous zutte après tout !!!

Je vais tout d’abord m’expliquer avec Margaret parce qu’elle mérite d’être tenue au courant, de comprendre ce qui s’est passé dans ma caboche compliquée. Puis, il faut bien l’avouer, intelligente comme elle est, j’trouverai p’t-être une solution au comment du pourquoi j’en suis arrivé là ? Bouuh, ce que c’est compliqué toute cette histoire. Et voilà que je recommence à m’arracher les cheveux, je vais finir par devenir chauve à force. J’ai longtemps hésité à en parler avec Margy (pas ma faute si ses coups de poings et ses regards meurtriers sont effrayants) mais il le faut même si… Je ne suis pas idiot – enfin pas à ce point-là – je sais bien que cela ne va pas être une sinécure. Bon, allez, ruminer ne me fera pas avancer alors j’y vais ! Mais où pourrait-elle bien être d’abord ? Je pourrai bien tenter les cuisines mais bon… Je doute que Margaret a retenté une rencontre avec la cuisinière. Cette dernière peut vraiment être effrayante alors… Hum… Le bar ? Ouais, non, Margaret n’irait jamais là… En plus, je risquerai de tomber sur Matthew et je préfère éviter toute rencontre (hormis celles qui sont obligatoires) pour le moment. Raaaah et voilà, ça recommence. J’en ai marre de tous ces casse-têtes ! Bon, je vais lui rédiger un petit mot, le passer sous sa porte et puis je vais fouiller au hasard. Je finirai bien par la trouver, non ? Fier de mon idée, je prends de quoi noter et… Raaaaaaah mais je note quoi moi d’abord ? Je ne vais pas dire « je suis parti à ta recherche », ça ne l’aidera pas à me retrouver et même si l’endroit n’est pas grand, on a de quoi se croiser et jamais se rencontrer malgré tout. Pfff, j’y réfléchirai à deux fois avant de recommencer ma crise existentielle !!!

« J’aimerai te parler. Je vais commencer par le salon, sait-on jamais. Puis si je ne te trouve pas, je passerai par la salle de jeux puis par la salle de séjour. En dernier recours, j’irai aux cuisines mais… J’espère te trouver avant (trop de mauvaises expériences là-bas, brrr). Je… C’est… important. » Voilà, ça me semble bon ça, non ? Oui, c’est… J’espère que cela suffira. J’espère qu’on se retrouvera et qu’on pourra discuter, que j’en trouverais le courage et qu’elle m’écoutera surtout. J’espère que tout va s’arranger… Je ne veux pas la perdre. Je risque déjà de perdre Matthew définitivement alors… J’ai envie d’être égoïste et de minimiser les dégâts. Je ne sais pas trop ce qui m’a pris mais je suis sûr d’une chose, je regrette de m’être emporté ainsi. Je tremble alors que je pose la feuille sous la porte de Margaret. Une écriture brouillonne se dévoile sous mes yeux d’ordinaire habitués à quelque chose de plus soigné. Cette histoire me tourmente bien plus que je ne veux bien l’admettre… J’inspire profondément et quitte finalement les lieux sans un regard. Et maintenant, en route pour le salon. Même si je ne la trouve pas de suite dans cette pièce, je n’abandonnerai pas. Mes mains sont moites et je sens la sueur perler de mon front. Dieu que tout ceci est éprouvant. Je… Je… J’avale difficilement avant d’entrer dans le salon pour finir par tomber sur… le vide. Immense déception. J’avais eu l’infime espoir de tomber de suite sur ma chère blondinette aux tartes si délicieuses. Mais bon… Le regard triste, je finis par m’installer dans l’un des canapés, songeur. Je sens mon courage s’effilocher et j’ai peur de faire marche-arrière… Pourtant, il ne le faut pas !! Je n’arrive déjà pas à résoudre mes problèmes avec Matthew alors si je poursuis sur ma lancée avec Margaret, autant me suicider avec des yaourts périmés ! Et si, c’est possible, non mais ! Je pense ce que je veux d’abord.


♣ Ruthel : Si seulement rien de tout ceci n’était arrivé… J’espère que vous pourrez me pardonner. Je ne veux pas vous perdre.

▌Date d'arrivée : 04/11/2010
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Je poussais un soupir. Voilà plusieurs jours que j'étais à peine sortie de ma propre chambre... moi qui me plaignais de ne jamais pouvoir sortir de cet hôtel en lui-même, vu qu'à chaque fois, il me manquait quelque chose comme ma carte d'identité, chose tout de même importante, ça n'était pas très logique comme décision. Je demandais un service de chambre pour ce qui était de la nourriture, et la plupart du temps, je restais couchée sur mon lit, serrant fermement mon oreiller qui n'avait pas l'air tout jeune dans mes bras, fixant le plafond sans réellement bouger, mis à part le mouvement régulier de ma poitrine qui prouvait bel et bien que je respirais. Même si je ne faisais aucun mouvement, je souffrais. Je n'arrêtais pas d'y penser. Matthew. A toutes les choses que j'avais envie de lui dire en ce moment-même, tous les coups de poings qu'il méritait selon moi... Tout. A mes parents, à mon ancien copain, à qui je voulais dire à quel point il ne m'avait pas mérité et à quel point je regrettais être partie ainsi à la poursuite de deux imbéciles... Et aussi à Ruthel. Mon frère. Lui non plus ne me méritait pas. Je repensais sans cesse à son visage, ce visage qui m'avait tellement effrayé, il y a quelques jours de cela. C'était à peu près tout ce dont je me souvenais de cette soirée.

Mais je me souviens parfaitement à quel point j'avais honte de moi. Honte de ne pas l'avoir soutenu alors qu'il avait besoin de moi.

Je faisais une bien piètre amie.

En y repensant, des larmes de colère contre moi-même me vinrent aux yeux. Je me recroquevillais en position fœtale sur mon matelas, enterrant mon visage dans cet oreiller. La raison pour laquelle je n'osais pas sortir de ma chambre était simple. Comment pouvais-je avoir le courage d'affronter mes deux meilleurs amis en face ? Après tout ça ? Après le stupide geste que j'avais fait, de les suivre et ainsi de leur rajouter des soucis sur le dos ? Et de ne pas les soutenir alors qu'ils en avaient besoin ? Au final, je restais si inutile... Avec le dos de la main, je séchais mes larmes.

Mon cœur rata un battement lorsqu'un léger froissement se fit entendre dans la pièce silencieuse que j'avais au préalable fermée à clef. Je relevais légèrement ma tête blonde. Il n'y avait personne. Peut-être était-ce mes voisins de chambres à côté de la mienne ? Aucune raison de s'inquiéter. J'allais continuer à me morfondre sur mon lit lorsqu'un petit carré blanc au sol attira mon attention. Lentement, je lâchais mon oreiller que je tenais comme une bouée de sauvetage dans l'océan de ma détresse et marchait vers ce morceau de papier que je ramassais avec délicatesse. Je ne savais pas pourquoi mon coeur battait autant. Cela n'était qu'un vulgaire bout de papier... mais sur lequel se trouvait l'écriture de Ruthel. Une écriture qui traduisait parfaitement ses sentiments. A force d'agir comme une mère envers lui, je savais lire en lui comme dans un livre ouvert.

J'ai du relire des dizaines de fois ce petit mot avant de comprendre tout ce qu'il voulait me dire. Je jetais un coup d'œil à mes cheveux et à moi-même. Une petite douche s'imposait. Ruthel m'avait déjà vue au réveil, donc pas forcément bien propre... Mais je voulais effacer le maximum de traces de ces derniers jours que j'avais passé dans ma chambre.

Une douche, une chemise blanche et un jean plus tard, j'ouvris ma porte d'une main tremblante. Lentement, je descendis les escaliers, croisant quelques fois quelques clients de l'hôtel. J'appréhendais tellement ce moment. Qu'est-ce que je pouvais bien lui dire ? Qu'est-ce qu'il allait me dire ? Me crier dessus ? Il n'aurait pas tort de le faire...

Je poussais un autre soupir devant la porte de la pièce de séjour, comme pour me donner du courage. Finalement, après des minutes et des minutes à réfléchir, je poussais délicatement la porte pour entendre quelques mots prononcer par une voix si familière.

    « ... me pardonner. Je ne veux pas vous perdre. »

Ces quelques mots me firent flancher, tout le peu de courage que j'avais réussi à amasser sembla se briser en à peine un dixième de seconde. Je me mordillais la lèvre inférieure, très hésitante... Ruthel ne semblait pas m'avoir vue, me faisant dos... Je m'approchais silencieusement derrière lui. Lentement, je passais mes bras autour de lui, collant mon visage dans son dos.

    « Ruthel, je... je... je suis tellement désolée... »
▌Date d'arrivée : 09/12/2009
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Affalé sur ce canapé miteux, je fais vraiment pitié. Pourtant, je n’arrive même pas à m’en formaliser, c’est dire si je suis déprimé… Je n’ai a.u.c.u.n.e raison valable d’être totalement perdu, n’est-ce pas ? Ce n’est pas comme si j’étais en guerre avec mon meilleur ami. Ce n’est pas comme si je risquais de perdre par la même occasion ma meilleure amie. Ce n’est pas comme si j’avais commencé cette guéguerre inutile pour une raison tout à fait injustifiée et incompréhensible… Tout ceci pour dire que je déprime, que j’ai l’air pathétique et que j’ai toutes les raisons du monde pour n’en avoir rien à secouer, na ! Mon ego est déjà malmené et au plus bas alors je crois que cette « petite touche » supplémentaire ne peut plus rien lui faire… Raaaah, je suis tellement mal dans ma peau que mon cerveau ressemble à une passoire où les idées apparaissent et puis disparaissent tout aussi rapidement. Ce que je pense n’a aucun sens… Je suis quelqu’un de fier alors je ne devrai pas déprimer, n’est-ce pas ? Je devrai rester fier et affronter la dure réalité et garder la tête haute. Voilà ! Alors pourquoi je n’y arrive pas bon sang ? Je finis par lâcher un soupir de frustration lorsque je sentis un corps se coller au mien. J’en aurai bondi si la petite voix fluette de ma meilleure amie ne venait pas de retentir dans mes tympans avec la force d’un ouragan.

♣ Ruthel : Pourquoi t’excuses-tu Margy ? Tu n’es aucunement responsable pour… tout ça… C’est… Je… Pardon… Mais… Enfin, tu vois quoi… Voilà…

Ah bah bravo White, voilà que tu perds tes moyens. L’objectif de cette rencontre, c’était de jouer cartes sur table afin de mettre les choses au clair, histoire de repartir sur de bonnes bases, non ? Sauf que là, en bégayant, tu es plutôt mal parti… Oui, je me fais la morale, et alors, ça vous pose un problème ? Non, bon, alors fichez moi la paix ! Donc, je disais que je suis plutôt mal barré si je poursuis sur ma lancée mais ce n’est pas de ma faute d’abord si tout ceci a l’air beaucoup plus compliqué qu’imaginé. Dans ma tête, ça avait l’air tellement simple, peut-être même un peu trop d’ailleurs, j’aurai du me méfier ! Il y avait anguille sous roche… Allez, zen, inspire, expire. Voilà… Voyons le bon côté des choses, Margaret ne m’a pas encore tapé, j’ai donc toutes mes facultés mentales, il ne me reste plus qu’à inspirer profondément et me lancer. Oui, facile dit ainsi… Bon sang, j’ai l’impression de revenir plusieurs années en arrière lorsque je me suis présenté pour un entretien pour ma boîte… Mes mains sont moites et j’essaie vainement de les essuyer contre mon jeans, histoire de m’occuper les mains et de trouver une once de courage pour me lancer. Je finis par me détacher de ma petite blondinette préférée et me retourne dans mon siège pour la fixer d’un air grave. Allez, c’est l’heure de vérité White, tu peux le faire !

♣ Ruthel : Tu n’as pas à t’excuser, ce serait plutôt à moi de le faire. Seulement voilà, deux mots ne seront pas suffisants comme… explication alors je vais te demander de bien vouloir m’écouter. Ce ne sera pas facile pour moi, ni même pour toi, je sens que je vais me faire assommer avant la fin de ma tirade mais tant pis, il est temps que j’assume les conséquences de mes actes…

Bon, c’est déjà mieux comme second essai mais bon, ça aurait pu être parfait si ma voix ne s’était pas mise à trembler sur la fin… Je ferme rapidement les yeux, tentant en vain de chasser les larmes qui commencent à pointer le bout de leur nez. Non, je ne pleurerai pas !! Si je me mets à jouer les Marie-Madeleine, on n’en sortira jamais. Pourquoi faut-il que les coussins de ce salon soient aussi miteux ? J’aurai pu m’étouffer avec si leur état n’avait pas tant laissé à désirer… Je ne veux pas mourir dans un truc aussi dégoutant. Super, voilà que je me mets à avoir de drôles d’idées… Reste concentré White, tu as des excuses à faire nom de nom ! Les dieux me détestent vraiment… Ma vie est un enfer et ça uniquement par leurs fautes, j’en suis certain ! Je me lève soudainement et commence à faire les cent pas dans le salon. Il faut que je bouge. Quand je suis stressé, il faut que je bouge pour évacuer ma nervosité. Sauf que là, je suis tellement nerveux que je vais finir par creuser le tapis si je continue. En même temps, ça ne pourra pas le rendre plus moche qu’il ne l’est actuellement… Raaah et voilà je recommence à divaguer, bon sang, reste concentré !!! Tu as des choses à dire et il est grand temps de les balancer, tu te sentiras mieux après. Ou pas, cela reste à voir… Graaah non, non et non, ne pas partir négatif, tout va bien se passer…

♣ Ruthel : Je ne serai pas réellement t’expliquer pourquoi… Mais je me suis senti extrêmement énervé la semaine dernière. Peut-être était-ce lié au fait que cela fait un an que… Enfin, soit… C’est peut-être lié, peut-être pas, je n’en ai aucune idée. Toujours est-il que j’étais super énervé et… C’est idiot mais voilà, vous voir vous tourner autour sans jamais rien faire m’a mis hors de moi. Ne me demande pas pourquoi, cela n’a pas de sens. Je veux dire, ce n’est pas nouveau de jouer les entremetteurs et de soupirer face à votre aveuglement sans limites. C’est vrai quoi… Vous vous tournez autour depuis des années et quand je vous le fais remarquer, vous vous retranchez derrière vos fameux « mais non, tu te fais des films Ruru ». Je n’aurai pas dû m’énerver pour si peu, je suis habitué. Mais voilà, va savoir pourquoi, ça m’a mis en rogne… Et vu que je cohabite avec Matthie, c’est lui qui a payé les pots cassés. C’est idiot, je sais. Le pire, c’est que je ne comprends même pas pourquoi… Je veux dire, je n’ai jamais eu à me plaindre de jouer la chandelle qui aimerait bien que les tourtereaux comprennent que je joue justement la chandelle. Raaah c’est compliqué, cette explication ne ressemble à rien !!!

Super, ma nervosité s’est transformée en frustration. J’ai depuis bien longtemps arrêté mes va-et-vient incessants mais j’aurai peut-être mieux fait de continuer… Parce que maintenant, je me retrouve à hyper ventiler tout en m’arrachant les cheveux. Super, Ruru, tu vas devenir chauve, il ne manquait plus que cela tiens ! Chauve, seul au monde et malheureux… Quelle vie de chien !!! Après ça, on voudrait me faire croire que je ne suis pas maudit des dieux ? Ah, la bonne blague ! Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu’ tant qu’on y est tiens ! Oui, je connais, je ne suis pas un inculte non plus ! Ce n’est pas parce que je suis quelqu’un de sérieux pour qui le travail passe bien souvent en premier que je ne connais pas cette publicité. Je ne suis pas né de la dernière pluie non plus et je ne suis pas non plus un vieux qui pourrait bientôt être pensionné ! Raaah et voilà, je recommence e.n.c.o.r.e à penser n’importe quoi, ça devient maladif ! De dépit, je finis par me réinstaller dans un fauteuil avant de soupirer de façon théâtrale. Ouais, je vous vois déjà venir avec vos remarques cinglantes. N.o.n, je ne fais pas ma drama queen. N’importe quoi d’abord!!! Il est parfaitement normal de… Ouais, bon, d’accord, je me tais…
▌Date d'arrivée : 04/11/2010
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La vue d'un Ruthel White dans cet état ne fit que briser encore un peu plus les morceaux déjà éparpillés de mon coeur. Ruru, que t'était-il arrivé pour que tu en arrives à être comme ça ? Pourquoi n'avais-je rien vu ? Pour une fois, je comptais sur le pouvoir d'une étreinte, une simple étreinte, pour essayer de recoller les morceaux entre nous et pour espérer retrouver un sourire sur le visage de mon frère de coeur, visage que j'avais vu changer et grandir au fil des années à la manière d'une mère. J'étais devenue sa deuxième mère en quelques sortes, et même si c'était malheureux, lorsque la première disparut en laissant derrière elle du désespoir, j'avais pris sa place, tant bien que mal. Ruthel avait besoin de quelqu'un qui pourrait veiller sur lui, sans être trop étouffant, quelqu'un qui serait là en cas de besoin. Et je connaissais mon Ruthel par coeur. Il pouvait me dire des millions de fois que ce n'était pas de ma faute, rien que pour me remonter le moral alors que le sien est bien plus bas que le mien.

« Non, Ruthel, c'est à moi de m'excuser, tu le sais... j'aurais du être là, tu avais besoin de moi, de quelqu'un, j'aurais du le voir... »

Je n'osais pas bouger de là où j'étais, malgré le fait que ma position était inconfortable, resserrant plutôt mon emprise autour de lui. Comprends-moi, Ruthel... je n'ai aucune excuse. Si nous étions dans une situation normale, je l'aurais sûrement frappé d'un grand coup sur la tête en le traitant de crétin, grand crétin qu'il était. Mais nous n'étions pas dans cette situation normale en question, même si je souhaitais tant que notre petit trio retourne des années en arrière, là où on croirait que rien ne pourrait jamais nous séparer. Et pourtant c'était ce qui arrivait en ce moment-même. Comme quoi un petit rien et un petit instant pouvaient briser des années et des années d'amitié voire plus.

Je le laissais partir de mes bras, liant mes doigts d'anxiété et le regardant d'un air tellement inquiet. Maintenant que je le voyais en face, j'étais d'autant plus horrifiée de mon manque à l'appel et de ne pas avoir fait mon devoir. Il était pâle, sa peau avait perdue toute sa petite teinte légèrement caramel, ses cheveux blonds n'étaient pas aussi brillant qu'auparavant, ses cernes semblaient s'agrandir à chaque seconde, et il semblait même avoir perdu quelques kilos. Mon Dieu, qu'est-ce que j'avais fait ? Je n'osais pas prononcer un mot. Il semblait avoir enfin trouver le courage de me dire ce qu'il avait sur le coeur, et quand bien même je le connaissais très bien, presque même mieux que moi, c'était bien la première fois où je ne savais pas comment m'y prendre avec lui. Je l'encourageai du regard à poursuivre, à ne pas s'arrêter. J'avais besoin de comprendre ce qu'il se passait dans sa tête et dans son coeur, qu'il se confie à moi, qu'il se soulage de ce poids, et peut-être que nous pourrions trouver une solution ensemble.

Je me mordillais la lèvre inférieure, mal à l'aise. Pitié, Ruthel, ne pleure pas devant moi, ne pleure pas tout court, je ne le supporterai pas... Lorsqu'il se leva, je me rapprochais légèrement de lui en prenant place sur l'accoudoir du fauteuil sur lequel il était assis auparavant, comme si j'avais peur qu'il prenne la fuite, comme s'il était nécessaire qu'il reste le plus près de moi possible et dans mon champ de vision.

Et j'écoutais. Je ne disais rien, ne faisais rien. On n'entendait plus que son discours, lui qui vidait son sac. Je ne le quittais pas des yeux, tandis que je commençais à comprendre certaines choses avec ses déclarations. Comment Matthew et moi avions pu être si stupides pendant tant d'années ? Je m'étais faite à l'idée que j'aimais ce crétin fini, oui, mais j'avais renoncé depuis bien longtemps à ce que mon amour soit réciproque. Et voilà que j'apprenais que notre meilleur ami avait toujours été pris entre nous deux. Cette nouvelle me fit l'effet d'une claque phénoménale. Horrifiée, je l'observais reprendre place dans un fauteuil.

Je mis du temps à réagir. Peut-être que la solution, c'était avancer tout en revenant en arrière, à notre enfance, aux moments où on ne se souciait de rien. Lentement, je me levais et m'approchais de lui. Je posais mes mains sur ses épaules, le fit se redresser. J'essayais de faire un sourire qui ressemblait au final plus à une grimace qu'autre chose.

« Regarde-toi, regarde-nous... »

Nous avions l'air pitoyables. Je commençais alors avec des gestes légers et rapides à lisser les plis de ses vêtements qui semblaient être le cadet de ses soucis, remettre ses cheveux en place et correctement, un léger sourire insouciant collé aux lèvres. Cette scène me rappelait celle qui remontait à un an, où j'avais trouvé ce même Ruthel dans un état similaire, quelques jours après la mort de sa mère. Comme si nous étions revenus en arrière. Finalement, je remontais mes mains jusqu'à son visage que je posais sur ses joues. J'étais au bord des larmes, mais je restais forte, pour lui.

« Ruthel... oublions tout ça, rentrons chez nous, partons d'ici. Je... »

Je déglutis difficilement, ayant de plus en plus de mal à prononcer mes mots.

« Je veux juste que nous soyons ensemble et heureux comme avant. »
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Dernière édition par Ruthel White le Sam 3 Nov - 22:23, édité 1 fois

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Margaret avait toujours eu ce don incroyable pour me faire sortir la tête de l’eau. C’était déjà grâce à elle que j’avais pu supporter le départ de maman l’année dernière. Enfin, supporter… Disons que j’aurai fait bien pire que de me laisser mourir de faim pendant une semaine en tentant de m’incruster dans le canapé si elle n’avait pas été là. Oui, je l’aurai fait plus longtemps si elle n’avait pas sorti le regard sévère et si elle n’avait pas tempêté avant de me faire tomber au sol à grands coups de pied dans l’arrière-train. Ma petite Margy n’utilisait pas toujours la méthode douce (voir rarement en fait si j’y réfléchis bien) mais c’est ce qui faisait qu’elle était celle qu’elle est justement. Un petit bout de femme au caractère fort et que rien n’ébranle. Elle avait toujours été là pour moi et lorsque j’aurais pu rendre la pareille, j’avais sombré (pour je ne sais toujours pas trop quelle raison) et je l’avais lâchement abandonné. Mais je comptais bien réparer mes erreurs. Je l’avais partiellement fait en me réconciliant avec ma petite sœur et maintenant, il me restait une dernière étape (et non pas des moindres !), réparer les pots cassés avec mon frangin. Si j’écoutais ma raison, je prendrai la poudre d’escampette et disparaîtrais très loin d’ici mais mon cœur me disait qu’il fallait en passer par là. Je ne pouvais pas rester sur des non-dits et puis… Ouais, sincèrement, si je comptais survivre plus de deux jours à la furie Reese, j’avais intérêt à aller m’excuser. Rien que d’imaginer les tortures qu’elle me ferait subir me fila des frissons. Il n’y avait pas que les coups de poêle dans lequel excellait ma petite cuisinière préférée, si vous voyez ce que je veux dire…

« Mais si ça peut te faire plaisir, je serai là, à tes côtés. Armée de ma bonne vieille poêle ! »
Bien sûr que cela me fera plaisir ! Puis, sérieusement, tu crois qu’on va finir par faire avancer les choses si tu nous laisses seuls un instant ? Soit on va se regarder en chiens de faïences, soit on va se battre, soit on va faire un mix des deux… Si tu es là, ton air courroucé sera suffisant que pour me forcer à parler. Ma tête ne supportera pas plus de tourments que cette petite tape que tu viens de m’infliger. Puis… J’aime bien le voir se ramasser des coups de poêle en pleine tête. Mais chuuut hein, c’est notre petit secret.

M’avançant rapidement de trois pas, histoire de ne pas me faire taper pour ce que je venais de dire, je finis par faire demi-tour en souriant. Notre séance « à cœurs ouverts » m’avait fait un bien fou. Je n’irai pas jusqu’à dire que toutes les blessures étaient cicatrisées et guéries mais c’était en bonne voie. Perdu dans mes pensées, je n’avais pas vu Margaret qui s’avançait vers moi. J’allais me prendre une gamelle en pleine tarte, je le sentais venir. Fermant vite fait les yeux, j’attendais et… Je finis par sentir ses mains tirailler mes pommettes comme lorsque nous étions gosses. Heeeeeiiiin ?!? Était-ce une nouvelle forme de torture ? Mon regard inquiet avait dû la surprendre car elle arrêta rapidement son petit jeu. Okay, j’avais la confirmation que je venais de tomber dans une dimension parallèle. Depuis quand Margy me prenait tendrement le visage alors que je m’étais moqué d’elle ?!? Soit c’était une nouvelle technique pour mieux abaisser mes défenses et taper plus fort ensuite, soit… Non, Margaret n’irait pas jusque-là, enfin, rien n’était sûr avec elle… Je déraillais vraiment pour aller penser des trucs pareils. J’avais du louper un épisode au passage… Et voilà que je recommençais e-n-c-o-r-e à penser n’importe quoi. J’allais être interné dans un asile avant d’avoir atteint la trentaine si ça continuait ainsi. « Tu vois, là, ce que je vois ? C'est toi. Le vrai Ruthel. Mon Ruthel. Celui qui devrait être tout le temps là. » C’était donc ça… Mon cœur se mit à battre la chamade et j’étais sûr d’être aussi rouge qu’une tomate bien mûre désormais. Je ne m’attendais pas à ça, voilà pourquoi je rougissais comme une collégienne, ni plus, ni moins !

Héhéhé… C’est… Je… Euh… Enfin… Je vais tâcher de m’en souvenir, Margy

Heureusement que le ridicule ne tuait pas sinon je serai à nouveau mort pour la énième fois soi-dit en passant. Pour ma défense, j’étais plus habitué au coups de poêle qu’aux petits mots doux venant de sa part. Na, voilà. Ma réaction était donc p-a-r-f-a-i-t-e-m-e-n-t normale !! J’avalais avec difficulté ma salive avant de tapoter gentiment sa tête pour dire de faire quelque chose. Bah ouais, j’étais un gros boulet qui ne savait pas quoi faire, merci bien, je n’avais pas besoin de vous pour le savoir ! Après ce geste maladroit, je finis par reprendre mon chemin en direction de la sortie, histoire de faire quelque chose. C’était si soudain que je ne savais pas trop quoi faire pour être franc. Ce genre d’attention ne tient pas du miracle, n’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas dit hein ! Je vais finir par faire passer ma petite sœur pour une bougresse sans cœur ! C’est juste que vu les circonstances, je ne m’attendais pas à ce que tout soit comme avant. Car c’était bien ça le « nœud du problème », c’est que j’avais l’impression d’être revenu en arrière, avant que ma petite crise existentielle. Pas que je m’en plaignais hein (certaines personnes auront beau dire que je suis masochiste, ce N’est PAS vrai d’abord ! Ahem), c’est juste qu’une partie de moi trouvait qu’elle ne méritait pas que tout rentre dans l’ordre aussi facilement. Pas avec les crasses que j’avais pu leur faire… Néanmoins, je gardais cette remarque pour moi car si j’allais raconter ça à Margy, j’allais forcément me choper un coup de poêle sur la tête. Puis finalement, est-ce que je ne méritais vraiment pas que les choses reprennent leur cours normal ? Tout en franchissant le pas de la porte, je finis par décider que si, je méritais que les choses aillent à nouveau dans le bon sens.
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Déjà, en implorant mon "frère" de partir d'ici, de cet endroit lugubre où tout semblait se finir d'une très mauvaise manière, je m'imaginais un avenir bien plus différent du présent que nous nous efforcions de surmonter avec maintes difficultés en ce moment-même. Je ne savais qui était à mes côtés, mais je me voyais, entourée d'une famille. Deux ou trois enfants aux cheveux blonds comme les miens ou ceux de Matthew, riant aux éclats, profitant inconsciemment de l'innocence que leur procurait leur âge, dont Ruthel serait le bon vieux tonton dont tout le monde aime la visite. Je le voyais, mon meilleur ami, mon frère, mon confident, celui que j'avais presque considéré comme un fils pendant une infime portion de nos deux vies qui étaient si emmêlées, s'amusant avec mes enfants comme si c'était les siens. Un bras rassurant entourait mes épaules. A qui appartenait-il ? Un inconnu ? Mon ancien prince charmant de mes études, que j'avais lâchement abandonné et que je ne méritais pas ? Matthew ? Quelqu'un d'autre ? Ce n'était qu'un détail, mais qui semblait si important pour moi. Cet avenir, cet idéal que je m'efforçais d'atteindre, maintenant que j'avais mon Ruthel à mes côtés pour me soutenir, maintenant qu'il m'avait pour le soutenir, j'avais l'impression qu'il était tellement simple à réaliser. J'en étais si proche et pourtant si loin.

Nous ne pouvions pas rester ici. Ces quelques semaines cloîtrés dans ce bâtiment plus qu'étrange n'étaient bénéfiques pour personne, et encore moins pour nous. Si nous restions plus longtemps, ce n'était pas notre amitié qui était déjà sur le point de se briser, mais peut-être bien pire qui allait se détruire. Je ne pouvais me résoudre à voir toutes nos années passées ensemble être réduites à néant en l'espace de quelques instants. Nous n'avions pas bravé une infinité de problèmes tous les trois pour en arriver là aujourd'hui. Tout ne pouvait pas se finir maintenant. Nous avions un avenir ensemble, je le savais. Ne sous-estimez jamais le sixième sens d'une femme ! Et si le destin était contre nous, j'allais lui montrer qu'il ne fallait pas contrarier une Margaret Reese !

Ainsi, j'essayais de montrer à Ruthel que pour moi, rien n'avait changé. Je lissais ses vêtements, ébouriffant ses cheveux qui avaient connu de meilleurs jours et un meilleur aspect, comme je le faisais avant. L'idée de l'embêter un peu en critiquant gentiment son apparence négligée m'était venue à l'esprit, mais je n'avais rien dit. Parfois, les mots sont inutiles face aux gestes qui représentent bien plus. Beaucoup plus. Et mon regard en disait long. Je n'allais pas l'abandonner. Jusqu'au bout, je serai là pour lui, et qu'il ait l'audace de laisser tomber, je serai là pour recoller les morceaux et lui tendre une main pour l'aider à se relever. C'était mon rôle. J'avais l'impression que c'était la mission qui m'avait été confiée dès la première seconde de ma vie et je ne supporterai un échec. J'allais me battre jusqu'au bout pour lui, même si cela signifiait abandonner ce à quoi je tenais. Mais n'était-ce pas ce que j'avais déjà fait en partant à la poursuite des deux hommes de ma vie dans cet hôtel miteux ?

Je m'attendais plus ou moins à ce qu'une larme soit plus farouche que les autres, dévalant sa joue, intimant ses soeurs à faire de même. Mais le spectacle de voir Ruthel, mon Ruthel, aussi dévasté, me brisa le coeur encore plus, si c'était possible. Je le laissais déverser sa peine contre moi, un sourire bienveillant dessiné sur mes fines lèvres pâles, témoins de ce séjour de l'horreur passé ici. Je traçais des cercles qui se voulaient apaisants sur son dos, lui murmurant des mots rassurants. Il pouvait pleurer, il n'y avait aucune honte à cela. Il pouvait bien le faire pendant deux heures ou deux millénaires, je serai la dernière personne à me plaindre. Qu'il laisse sortir toute sa détresse, qu'il trouve enfin le chemin pour nous revenir sain et sauf, qu'il reparte à zéro.

A son tour, il fit de mes cheveux une tignasse indomptable qui ferait rugir un coiffeur digne de ce nom. Mes propres larmes avaient perlé aux coins de mes yeux, mais maintenant je les retenais. Et elles étaient plus issues de mon bonheur que de ma tristesse. Je riais aux éclats. Mon Ruthel était presque de retour. Il y avait encore du chemin à faire, mais j'avais su l'éclairer sur le sombre chemin qu'il empruntait. Il saurait en trouver la fin seul à présent, mais s'il se retournait, s'il hésitait, je serai toujours derrière lui pour le pousser un petit peu plus vers lui-même.

Mon rire cristallin résonnait toujours dans la pièce lorsqu'il me souleva soudainement, me faisant tourner au milieu du salon. Je râlais, hurlais à moitié, lui ordonnant de me poser à terre, pour la forme. Mais je ne le lâchais pas pour autant et il fit de même. C'était fou de voir à quel point ces petits moments, qui semblaient totalement anodins mais qui comptaient beaucoup pour moi, m'avaient manqué. Je fis mine de prendre un air contrarié lorsqu'il évoqua Matthew, mais j'étais bien trop comblée pour avoir l'air convaincante. Je ne fis que lui donner une petite tape sur le front, qui n'était rien comparé à tous les coups de casserole que ces deux imbéciles avaient endurés.

« Ne t'en fais pas. Mais... je ne me fais pas trop d'illusions pour ce crétin de Matthew. Tu le vois vraiment vivre une relation sérieuse, séducteur comme il est ? »

J'avais l'air légèrement moqueuse, mais j'étais également sérieuse. Matthew n'était pas prêt pour une relation sérieuse, je le savais. Croisant le regard de mon frère, je me résignai.

« Mais si ça peut te faire plaisir, je serai là, à tes côtés. Armée de ma bonne vieille poêle ! »

Comme pour ponctuer ma phrase, je saisissais doucement ses deux joues et tirai dessus tendrement, comme quand nous étions deux gamins. Je plantai mon regard dans le sien. Rien ne pouvait me faire plus plaisir que de voir Matthew et Ruthel aussi radieux. Je saisissais alors doucement son visage, arrêtant de l'importuner comme une gosse.

« Tu vois, là, ce que je vois ? C'est toi. Le vrai Ruthel. Mon Ruthel. Celui qui devrait être tout le temps là. »
▌Date d'arrivée : 09/12/2009
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Margaret avait toujours eu ce don incroyable pour me faire sortir la tête de l’eau. C’était déjà grâce à elle que j’avais pu supporter le départ de maman l’année dernière. Enfin, supporter… Disons que j’aurai fait bien pire que de me laisser mourir de faim pendant une semaine en tentant de m’incruster dans le canapé si elle n’avait pas été là. Oui, je l’aurai fait plus longtemps si elle n’avait pas sorti le regard sévère et si elle n’avait pas tempêté avant de me faire tomber au sol à grands coups de pied dans l’arrière-train. Ma petite Margy n’utilisait pas toujours la méthode douce (voir rarement en fait si j’y réfléchis bien) mais c’est ce qui faisait qu’elle était celle qu’elle est justement. Un petit bout de femme au caractère fort et que rien n’ébranle. Elle avait toujours été là pour moi et lorsque j’aurais pu rendre la pareille, j’avais sombré (pour je ne sais toujours pas trop quelle raison) et je l’avais lâchement abandonné. Mais je comptais bien réparer mes erreurs. Je l’avais partiellement fait en me réconciliant avec ma petite sœur et maintenant, il me restait une dernière étape (et non pas des moindres !), réparer les pots cassés avec mon frangin. Si j’écoutais ma raison, je prendrai la poudre d’escampette et disparaîtrais très loin d’ici mais mon cœur me disait qu’il fallait en passer par là. Je ne pouvais pas rester sur des non-dits et puis… Ouais, sincèrement, si je comptais survivre plus de deux jours à la furie Reese, j’avais intérêt à aller m’excuser. Rien que d’imaginer les tortures qu’elle me ferait subir me fila des frissons. Il n’y avait pas que les coups de poêle dans lequel excellait ma petite cuisinière préférée, si vous voyez ce que je veux dire…

« Mais si ça peut te faire plaisir, je serai là, à tes côtés. Armée de ma bonne vieille poêle ! »
Bien sûr que cela me fera plaisir ! Puis, sérieusement, tu crois qu’on va finir par faire avancer les choses si tu nous laisses seuls un instant ? Soit on va se regarder en chiens de faïences, soit on va se battre, soit on va faire un mix des deux… Si tu es là, ton air courroucé sera suffisant que pour me forcer à parler. Ma tête ne supportera pas plus de tourments que cette petite tape que tu viens de m’infliger. Puis… J’aime bien le voir se ramasser des coups de poêle en pleine tête. Mais chuuut hein, c’est notre petit secret.

M’avançant rapidement de trois pas, histoire de ne pas me faire taper pour ce que je venais de dire, je finis par faire demi-tour en souriant. Notre séance « à cœurs ouverts » m’avait fait un bien fou. Je n’irai pas jusqu’à dire que toutes les blessures étaient cicatrisées et guéries mais c’était en bonne voie. Perdu dans mes pensées, je n’avais pas vu Margaret qui s’avançait vers moi. J’allais me prendre une gamelle en pleine tarte, je le sentais venir. Fermant vite fait les yeux, j’attendais et… Je finis par sentir ses mains tirailler mes pommettes comme lorsque nous étions gosses. Heeeeeiiiin ?!? Était-ce une nouvelle forme de torture ? Mon regard inquiet avait dû la surprendre car elle arrêta rapidement son petit jeu. Okay, j’avais la confirmation que je venais de tomber dans une dimension parallèle. Depuis quand Margy me prenait tendrement le visage alors que je m’étais moqué d’elle ?!? Soit c’était une nouvelle technique pour mieux abaisser mes défenses et taper plus fort ensuite, soit… Non, Margaret n’irait pas jusque-là, enfin, rien n’était sûr avec elle… Je déraillais vraiment pour aller penser des trucs pareils. J’avais du louper un épisode au passage… Et voilà que je recommençais e-n-c-o-r-e à penser n’importe quoi. J’allais être interné dans un asile avant d’avoir atteint la trentaine si ça continuait ainsi. « Tu vois, là, ce que je vois ? C'est toi. Le vrai Ruthel. Mon Ruthel. Celui qui devrait être tout le temps là. » C’était donc ça… Mon cœur se mit à battre la chamade et j’étais sûr d’être aussi rouge qu’une tomate bien mûre désormais. Je ne m’attendais pas à ça, voilà pourquoi je rougissais comme une collégienne, ni plus, ni moins !

Héhéhé… C’est… Je… Euh… Enfin… Je vais tâcher de m’en souvenir, Margy

Heureusement que le ridicule ne tuait pas sinon je serai à nouveau mort pour la énième fois soi-dit en passant. Pour ma défense, j’étais plus habitué au coups de poêle qu’aux petits mots doux venant de sa part. Na, voilà. Ma réaction était donc p-a-r-f-a-i-t-e-m-e-n-t normale !! J’avalais avec difficulté ma salive avant de tapoter gentiment sa tête pour dire de faire quelque chose. Bah ouais, j’étais un gros boulet qui ne savait pas quoi faire, merci bien, je n’avais pas besoin de vous pour le savoir ! Après ce geste maladroit, je finis par reprendre mon chemin en direction de la sortie, histoire de faire quelque chose. C’était si soudain que je ne savais pas trop quoi faire pour être franc. Ce genre d’attention ne tient pas du miracle, n’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas dit hein ! Je vais finir par faire passer ma petite sœur pour une bougresse sans cœur ! C’est juste que vu les circonstances, je ne m’attendais pas à ce que tout soit comme avant. Car c’était bien ça le « nœud du problème », c’est que j’avais l’impression d’être revenu en arrière, avant que ma petite crise existentielle. Pas que je m’en plaignais hein (certaines personnes auront beau dire que je suis masochiste, ce N’est PAS vrai d’abord ! Ahem), c’est juste qu’une partie de moi trouvait qu’elle ne méritait pas que tout rentre dans l’ordre aussi facilement. Pas avec les crasses que j’avais pu leur faire… Néanmoins, je gardais cette remarque pour moi car si j’allais raconter ça à Margy, j’allais forcément me choper un coup de poêle sur la tête. Puis finalement, est-ce que je ne méritais vraiment pas que les choses reprennent leur cours normal ? Tout en franchissant le pas de la porte, je finis par décider que si, je méritais que les choses aillent à nouveau dans le bon sens.
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A coeurs ouverts {Margaret}