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Analyse cérébrale. {Pv; Jayden}
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Sceynt & Jayden




L'après-midi était pluvieux et c'était tant mieux, Sceynt détestait le soleil et sa chaleur, la chaleur artificielle apportée par un pull ou un chauffage lui convenait bien mieux. Elle se sentait protégée par cette aura qu'apportait la pluie, son souffle s'écrasant doucement sur la vitre en plein milieu de la cage d'escaliers qui reliait les étages. Sceynt était assise depuis des heures devant cette fenêtre à scruter l'horizon comme si elle allait miraculeusement apercevoir la silhouette de Chester avec Aria dans les bras. Aria et Chester, les deux seules raisons de vivre de la jeune femme. L'armée américaine aurait pu être envoyée après avoir annoncé une Troisième Guerre Mondiale que Sceynt n'aurait pas bougé de cette fenêtre. Pauvre petit être plein d'espoir. Elle n'était pas censée savoir que l'espoir était mère de déception.

Les gens qui passaient les escaliers ne lui accordaient qu'un regard de travers ou une indifférence totale. C'est normal lorsque l'on sait que cette frêle petite fille était l'auteur d'actes tellement horribles que les parents refusaient que les enfants s'approchent d'« elle ». La fille à la capuche noire, nichée matin, midi et soir devant cette fenêtre. Elle avait beau avoir une chambre, elle continuait de croire que quelqu'un arriverait pour elle. Quand les visages de Sean et de Lullaby ne la hantaient pas, elle pensait parfois à ce gardien de prison qui lui avait rendu sa liberté. Il serait si affiglé de la savoir dans une telle situation. Le regard des gens étaient presque pire que la prison. Elle se retenait parfois de courir se jeter aux pieds du policier anglais lorsqu'il montait les escaliers pour le supplier de la plaquer au mur, de lui mettre les menottes et de la jeter dans la cave, pour ne plus avoir à supporter tout ça. {Les âmes perverses iront voir ailleurs si j'y suis.}

Mais bien sûr, elle était bien trop fière pour ça. Rien ne pourrait jamais la pousser à s'abaisser à une telle faiblesse. Elle préférait mille fois rester ici toute la journée que de perdre son honneur en plus d'être encore plus mal vue. Personne n'osait vraiment lui parler, si ce n'est quelques courageux et certains qui ignoraient qui elle était vraiment. Et même lorsque Stalker venait essayer de la rabaisser de temps en temps, elle sortait ses ongles cassés afin de le menacer d'une défiguration certaine après qu'elle lui serait passé dessus.

La journée s'éternisait, il n'était que le début de l'après-midi et cela faisait exactement cinq jours que, prit de pitié, certains clients lui apportaient à manger pour ne pas la voir mourir à attendre devant cette foutue fenêtre. Certains avaient pensé à la condamner afin que la jeune évadée ne soit obligée de trouver refuge ailleurs mais personne n'osait vraiment le faire. Armée jusqu'aux dents, roulée en boule dans les escaliers toute les nuits et souvent prise d'insomnies, elle ne bougeait jamais d'ici et sa chambre commençait sérieusement à prendre la poussière.

La pluie avait empêché beaucoup de monde de bouger de leurs chambres à tel point que la seule personne qu'avait vue Sceynt de la journée était la concierge et la cuisinère, elle croyait même halluciner lorsqu'elle vit un canard passer. Et cela devenait de plus en plus pesant, les yeux de la petite étaient rouges et elle commençait à fatiguer, son petit corps ayant considérablement maigri et ses ongles rongés et pour la plupart cassés, la rendait bien misérable.
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-Elle tourne toute la journée en rond, et pourtant elle se maintient en vie. Comment fais-t-elle ? Est-ce qu'elle se rend compte de l'inutilité de rester ici ? C'est fascinant... Cette mouche n'a vraiment aucune notion.

J'étais couché sur le lit à regarder une mouche voler. Quelle belle occupation... Quand on n'a plus d'espoir, on devient vite quelque chose d'inutile, de transparent. Suffisamment transparent pour juger que regarder une mouche voler est une occupation qui nous convient bien. Cependant, je n'arrivais pas à enlever la pensée que Mike était ici, tout près.
Depuis ce matin il pleuvait, et depuis ce matin j'imaginais comment on pouvait tuer avec de la pluie. Bien sûr je n'avais pas l'intention de commettre un crime, mais étant amateur de roman policier je ne pouvais m'empêcher d'imaginer des choses sordides.

-Voyons voyons... Enfermé dans une cave à toit ouvert. Ah non il pourrait s'échapper si il survivait jusqu'à que l'eau soit suffisamment haute. Ah je sais, un toit formé de barreaux. Ainsi, l'eau pourrait pénétrer sans qu'il puisse sortir. Quelle terrible mort...

La nuit commençait à tomber et je n'étais toujours pas sorti de ma chambre. Il était temps que je me dégourdisse les jambes. Où pourrais-je bien aller ? La bibliothèque ne me tentait pas trop, je n'avais pas le goût de lire. Non j'avais plutôt envie de m'amuser. La salle de jeux me paraissait un bon endroit, en espérant bien sûr que j'y trouverais quelqu'un avec qui partager une partie de billard.
Je me levai, enfilai ma chemise, ma cravate ainsi que ma veste de costard. Je sortis dans le couloir en prenant soin de refermer à clef ma chambre puis je me dirigeai vers la salle de jeux.
Alors que je marchais tranquillement tout en cherchant de nouvelles morts possibles avec de l'eau de pluie, j'aperçus une silhouette familière vers les escaliers. Il se tenait debout, de dos, et se dirigeait vers les escaliers menant au toit. Pas de doute, c'était Mike.

-Eh Mike ! C'est Jayden ! Mike !

J'avais beau crier, il ne se retournait pas. Il prit alors les escaliers qui l'amena au toit. Etait-ce vraiment lui ? Etait-ce le Mike que je considérais comme mon frère ? Je n'avais pas le temps de réfléchir, je devais agir. Je me mis à courir dans le couloir en direction de ces escaliers. Je courrais de toutes mes forces... jusqu'à sentir dans mes veines de l'acide sulfurique à la place du sang. Arrivé aux escaliers, je fus surpris par une cage d'escalier fermé qui se trouvait face à moi. Je pris les barreaux de la cage dans mes mains puis je secouai cette cage de toutes forces.

-Ôte-toi de mon chemin !

Elle ne voulait pas céder. Je commençais à lever le pied pour essayer de casser la cage quand je revins à la raison. Si Mike existait toujours et qu'il avait belle et bien été ici il y a quelques secondes, il n'aurait pas pu franchir cette cage. Je devais me faire une raison, Mike n'était plus de ce monde et mon esprit me jouait juste des tours. Après avoir rebaissé le pied, je me rasseyais tout en constatant la présence d'une jeune femme à capuche. Cette dernière fixait l’horizon à travers la fenêtre qui se trouvait à ses côtés. Elle paraissait imperturbable.

-Euh... Excusez-moi pour cette agitation. Je suis un peu sur les nerfs ces derniers temps.

Que pouvait-elle bien regarder à travers cette fenêtre ?
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Chester & Aria




En cette journée pluvieuse, Sceynt n'avait donc rien de mieux à faire que d'observer cette fenêtre avec une insistance malsaine, comme toute les autres. Immobile, un plateau qu'elle venait de finir aux pieds. Elle se sentait comme à l'hopital, comme si elle était gravement blessée. Elle l'était. D'une faille profonde et totalement irréparable. C'était calme, parfait pour sa méditation quotidienne à attendre devant cette fenêtre avec l'espoir de voir son frère et sa petite soeur arriver.
Des hallucinations la prenait, parfois, la laissant rêveuse, un sourire béat aux lèvres puis un retour brutal à la réalité lui fit reprendre ses instincts.

Jusqu'à ce vacarme horrible qui vint lui percer les tympans. Bon sang! Une bagarre? Un règlement de comptes? Ôte-toi de mon chemin !
On ne pouvait pas lui foutre la paix? Pour une fois qu'un gosse ne dévalait pas les escaliers en la bousculant! Cepandant, elle ne bougea pas, tentant de garder son sang froid. Les coups et les fracas venaient d'un peu plus haut, et Sceynt savait que c'était au niveau de la porte du toit, condamnée, qui faisait tout ce bruit. Celui qui faisait ça allait sans doute s'attirer les foudres de parents ayant des difficultés à faire avoir leur siestes aux marmots ou des ados voulant s'envoyer en l'air tranquille. Ou pire, une évadée de prison obnibulée par sa fenêtre. Sceynt se retourna afin d'observer un peu la scene et voyant le déséspoir inscrit sur le visage du client, la jeune femme retourna à son occupation principale.

Comme un fauve attendant sa proie, Sceynt resta immobile, surveillant par la fenêtre et dans le reflet de celle-ci, afin d'analyser les réactions de l'homme. Hallucinations ou espoir fou? Peut-être lui ressemblait-il un peu. Elle entendit qu'il abandonna et qu'il se laissa tomber au sol.

-Euh... Excusez-moi pour cette agitation. Je suis un peu sur les nerfs ces derniers temps.

Il avait finit par la remarquer, c'était bien sa veine. Et surtout, il lui adressait la parole. Sceynt savait qu'il ne faisait que s'excuser mais elle ne voulait pas qu'il finisse comme elle, à attendre inlassablement que quelque chose arrive.

- Ne vous épuisez pas à attendre un fantôme.

Elle se sentait comme ces parents qui disaient à leurs enfants de ne pas fumer tout en ayant leurs pipes à la bouche et le journal dans les mains. Quelle ironie, elle, donner des leçons. Et puis, pourquoi lui avait-elle répondu, elle ne voulait pas engager la conversation avec un inconnu. Ou alors, il ignorait qui elle était.

Sceynt fit lentement tomber sa capuche et remit en place ses longs cheveux noirs. En tournant son visage vers le client, ses yeux bruns semblaient rouges écarlates. De longues manches cachaient ses mains et seul le bout de ses doigts sortaient du tissu lui aussi noir. En revanche, ses jambes étaient nues, sans doute devait elle porter un short en dessous. Sceynt était ainsi; contradictoire. Ou cherchait-elle simplement à cacher toute les cicatrices qui lui couturaient le corps.
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-Ne vous épuisez pas à attendre un fantôme.

Cette phrase me paralysa. Je sentis comme une sorte de sang glacial parcourir l'ensemble de mon corps, provoquant en moi un mal-être. Avait-elle compris que je courais après un mort, après une personne immatérielle crée par mon subconscient dans le seul but de soulager ma souffrance ? Je ne savais plus quoi dire ni penser.

-Oui... Et puis les fantômes... On ne peut pas les voir.

Je ne faisais même pas attention à ce que je lui disais tellement j'étais concentré sur ce qu'elle venait de me dire. Aussi bien ce n'était qu'un simple hasard... Peut-être qu'elle avait perdu un proche et qu'elle attendait désespérément son arrivé en regardant à travers cette fenêtre. De ce fait, par le biait du conseil qu'elle m'avait donné, elle cherchait peut-être à ce conseiller elle-même. Hmm... De tout façon, il est impossible de lire dans les pensées des gens, ça ne pouvait donc être que du hasard.

La jeune femme se mit enfin à bouger. Elle enleva sa capuche puis remit en place ses longs cheveux noirs. C'est alors qu'elle tourna son visage dans ma direction. J'ai été étonné par la couleur de ses yeux. Ils étaient rouges, tellement rouges que même le diable aurait été étonné. Cependant ils étaient posé au milieu d'un visage plus paisible, bien que fatigué. Elle paraissait affaiblie, délaissé. Sa veste ainsi que son pull noir cachait la plupart de la partie supérieur de son corps, comme une sorte de protection. Cependant ses jambes étaient nu. Je n'arrivais pas vraiment à saisir cette contradiction dans le choix de ses vêtements. Peut-être que ses longues manches cachaient une scarification. Après tout si elle venait de perdre un proche, il était plausible qu'elle se mutile dans l'espoir de faire sortir, à travers le sang, la douleur qui l'a parcourait.
Il faisait maintenant nuit dehors, et la pluie tombait toujours. Je me relevai.

-Eh bien je vais vous laisser. Il se fait tard et... euh... Je dois y aller.

Alors que j'attendais un « bye » de sa part, un bruit métallique se fit entendre derrière moi. Dans un élan d'espoir, je me retournais tout en disant :

-Mike, c'est toi ?

C'est alors que le bruit ce rapprochait de plus en plus, marche après marche, pour s'arrêter devant mon pied. C'était une barre de fer qui venait de rouler dans les escaliers. Elle devait être dé-soudé de la cage d'escalier, et le fait que je secoue cette cage a dû provoquer sa rupture. Je me baissai puis pris la barre dans ma main droite.

-Une barre de fer... Quelle arme génial quand il s'agit d'exploser le crâne d'une personne. Chaque coup provoque une sorte de petit bruit dû à l'écrasement des os causé par la pression de la barre. Une simple barre de fer est, pour moi, l'objet le plus approprié pour prendre une revanche sanglante.

Tout en lui parlant, je parlais également à moi-même. La barre de fer était l'élément indispensable à l'époque ou je me battais dans la rue. J'en avais donné des coups de barre, mais j'en avais également reçu. Heureusement aujourd'hui ça ne se voit plus. C'est alors que je me rendis compte des atrocités que je venais de lui dire. Elle n'avait peut-être même pas la vingtaine, c'est peut-être un peu jeune pour entendre ce genre de chose.

-Excusez-moi pour ce que je viens de raconter, j'ai simplement dit ce qui me passait par la tête en regardant cette barre. Vois-tu, tuer est un acte difficile à faire, difficile et dangereux. Dangereux car plus on tue, plus il devient facile de tuer.
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Kinaï & Sean




-Oui... Et puis les fantômes... On ne peut pas les voir.

Tandis qu'il la détaillait, Sceynt essayait de déterminer l'âge ou les origines de son vis-à-vis, car même s'il le regardait comme si il la scannait, il ne semblait pas la reconnaître. D'où il sortait, bon sang? Lullaby tenait des hôtels prestigieux dans toutes les grandes capitales du monde et le double assassinat Lullaby/Backout avait fait beaucoup de bruit. Peut-être moins qu'elle ne croyait, finalement.

-Eh bien je vais vous laisser. Il se fait tard et... euh... Je dois y aller.

La jeune femme répondit par un vague signe de la main, de toute façon, elle n'avait rien de spécial à lui dire, malgré le fait que ce soit à peu près la seule personne dans cet hôtel qui n'ignorait pas l'état de la jeune femme. Elle se souvenait encore du diagnostic que lui avait fourni son avocat lors de son procès: schizophrénie paranoïaque. Le diagnostic qui ne voulait rien dire. Surtout pour elle. Schizophrène, elle? L'avocat avait défendu corps et âme le fait qu' « Abygaïl » et « Sceynt » étaient différentes personnes et que la paranoïa l'avait forcée à tuer Sean et à provoquer le suicide de Kinaï. Les médecins soutenaient cette idée. Elle était sur liste d'attente dans les asiles psychiatriques les plus renforcés et en attendant, elle purgeait sa peine en prison. Ce que les gens peuvent-être naïfs.

Un bruit métalique se fit alors entendre et Sceynt eut un sursaut lorsqu'elle l'entendit venir de plus en plus vite.

-Mike, c'est toi ? s'écria l'inconnu.

Encore ce Mike? Décidémment, c'est peut-être lui qui était atteint de schizophrénie paranoïaque. Alors il courait réellement après un fantôme. Sceynt se sentit un peu rapprochée de lui et elle pencha la tête pour voir ce qui descendait. Elle attendait comme un fauve prêt à se jeter sur sa proie lorsqu'elle se rendit compte que c'était simplement une barre de fer. Une jolie barre de fer, comme elle les aimait, comme elle les utilisait lors de certains règlements de comptes inter-réseaux. Cette barre venait peut-être de la porte du toit où elle avait entendu tout ce bazar un peu plus tôt et elle resta de marbre en regardant l'homme au costume prendre la barre dans sa main droite. Elle remarqua dans son regard une certaine fascination pour l'objet qui la rendit incroyablement proche de lui pendant quelques instants. La jeune femme se leva de sa place pour la première fois depuis quelques semaines et alla à côté de lui pour observer la barre.

-Une barre de fer... Quelle arme génial quand il s'agit d'exploser le crâne d'une personne. Chaque coup provoque une sorte de petit bruit dû à l'écrasement des os causé par la pression de la barre. Une simple barre de fer est, pour moi, l'objet le plus approprié pour prendre une revanche sanglante.

Elle resta neutre en entendant ces mots mais de vives questions se bousculaient à présent dans son crâne, elle pensait à mille et une choses le concernant. Ce genre de pensées n'arrivaient pas à n'importe qui, et quelque soit l'excuse qu'il aurait pu donner, Sceynt était persuadée qu'il n'était pas comme les autres. Lorsqu'il se rendit compte de la présence de l'évadée, il se reprit immédiatement, ce qui fit penser qu'en plus d'avoir ce genre de pensées, il les avait eues spontanément.

-Excusez-moi pour ce que je viens de raconter, j'ai simplement dit ce qui me passait par la tête en regardant cette barre. Vois-tu, tuer est un acte difficile à faire, difficile et dangereux. Dangereux car plus on tue, plus il devient facile de tuer.

Une lueur éclaira alors les yeux de Sceynt et un très léger sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'elle posa fermement sa main sur la barre de fer, et elle ouvrit la bouche pour la seconde fois depuis qu'elle était arrivée.

- Vous croyez? Tuer est plus faciler que vous ne pensez. Bien plus facile. Des fois addictifs. Mais on n'oublie jamais le visage de quelqu'un sur qui on va tirer.
C'était bien vrai, elle avait toujours les visages de Kinaï et surtout de Sean en mémoire surtout la nuit, ils remplacaient ceux de Chester et Aria.
Sceynt leva sa main de la barre de fer et la posa sur la joue du client, avec une voix glaciale, comme un avertissement:

- Vous ne devriez pas le laisser vous habiter. Ce fantôme. Sinon, c'est vous qui allez devenir un fantôme.

Elle retira progressivement sa main après avoir passé ses ongles sur la joue de l'inconnu. Elle alla ensuite s'adosser sur la barre des escaliers, continuant de regarder par la fenêtre.

-Votre nom?
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-Vous croyez? Tuer est plus facile que vous ne pensez. Bien plus facile. Des fois addictifs. Mais on n'oublie jamais le visage de quelqu'un sur qui on va tirer.

Avait-elle déjà tué ? Il me semblait que oui. Il fallait passer par le meurtre pour ressentir cette sensation d'addiction. Dans nos gènes, dans notre ADN, il est écrit que nous devons nous battre. Se battre pour se nourrir, se battre pour protéger nos propres, se battre pour survivre. Nous sommes des animaux, programmé pour tuer quiconque s'opposerait à notre existence. Nous sommes programmé pour être des criminels. Et pourtant, très peu de gens tue.
C'est alors qu'elle ôta sa main de la barre pour l'a poser sur ma joue. Jamais je n'avais été aussi propre physiquement d'une femme, enfin je crois. Après avoir perdu la mémoire à 15 ans, je vivais dans la rue, un monde virile. Par la suite j'ai aidé Mike dans ces enquêtes, un monde ou nous évoluions dans l'ombre, loin de toute humanité. Seul mon métier de musicien me rapprochait des gens, et donc des femmes. Cependant le publique restait loin de la scène, loin de moi.

-Vous ne devriez pas le laisser vous habiter. Ce fantôme. Sinon, c'est vous qui allez devenir un fantôme.

Elle avait compris ma situation. J'espèrais le retour d'une personne morte... L'espoir rend stupide décidément.
Elle retira sa main de ma joue puis retourna à sa place, le regard en direction de la fenêtre.

-Votre nom ?

-Je me nomme Jayden Forland.

Je me dirigeai vers les barreaux de la cage d'escalier afin de poser la barre que je tenais toujours dans ma main. Avant je la lâcher, je l'examinai une dernière fois. Cette forme, ces légers impacts... J'avais déjà vu cette barre quelque part, mais impossible de se souvenir quand. Je la lâchai puis revins à ma place.

-Très peu de gens tue. N'est-ce pas étrange ? Nous sommes fait pour tuer et nous de tuons pas. Et pourtant dès que l'on tue on ne souhaite qu'une chose, se battre pour pouvoir de nouveau tuer.

Tout en me rasseyant sur les marches, je la regardais. Bien qu'elle regardait l'extérieur de l'hôtel, je sentais qu'elle m'écoutais.

-Je pense que si nous ne tuons pas c'est parce que nous vivons dans une bulle. Dans le vrai monde, seul un tueur peut survivre. Cependant dans la bulle dans laquelle nous vivons, la violence n'a pas sa place. Nous vivons alors en pensant que tuer, ou même se battre, est quelque chose d'impensable. Cependant lorsque qu'on tue on perce cette bulle, et on accède au vrai monde ou tuer devient banale. Mais pour moi, cette bulle ne doit pas être percée car un homme qui voit le vrai monde est un homme destiné à finir sa vie en prison, ou en asile psychiatrique. Je regrette d'avoir percé cette bulle et j'ai comme le sentiment que toi aussi, tu l'a percée.

J'avais la tête baissé, tel un homme venant d'être abattu. Je ne savais pas que toutes ses pensées grouillaient dans ma tête. J'étais moi-même étonné de ce que je disais. Un long silence suivait mon discourt... Un silence que j'aie rompu.

-Et vous, comment vous appelez-vous ?
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Elle n'arrivait pas à savoir s'il était stupide ou aussi allumé qu'elle. Il lui parlait normalement alors que manifestement, il avait bien noté cette différence chez elle, cet instinct de survie qui lui avait sommé de tuer Sean Bakout ce soir là, sur le toit de cet hôtel. Tout se rapportait aux hôtels ces temps-ci.

-Je me nomme Jayden Forland.
Jayden... répéta-t-elle lentement, dans un souffle.

Plus il fixait la barre, plus la jeune femme comprenait qu'il n'était pas aussi innocent qu'il n'en avait l'air. En plus d'être complètement habité par le fantôme, il semblait dissimuler un lourd fardeau, quelque chose qu'il ne semblait pas prêt à partager, une expérience dont il n'était pas forcément fier.

-Très peu de gens tue. N'est-ce pas étrange ? Nous sommes fait pour tuer et nous de tuons pas. Et pourtant dès que l'on tue on ne souhaite qu'une chose, se battre pour pouvoir de nouveau tuer.

Bizarrement, bien qu'il avait l'air le plus innocent du monde, il avait cette sensation étrange que possédait tous les assassins, cette sensation qui vous prenait aux tripes et qui ne vous lachait plus, avec une certaine paranoïa qui poussait à vouloir tuer encore et encore pour se protéger, pour se préserver. Une fois qualifié d'assassin, vous n'étiez rien d'autre qu'une boule de haine prête à exploser au moindre débordement d'une tierce personne.

- Peu de gens tuent. Ou pas.

Elle ne tenait pas spécialement à engager la conversation, après tout elle ne le connaissait pas et elle n'était pas du genre à vider son sac aussi facilement, mais plus la discution continuait, plus ell se sentait proche de lui d'une manière assez étrange et qu'elle ne pouvait pas expliquer. Mais Sceynt continuait de fixer la fenêtre, attentive à ce qu'il disait, buvant presque ses paroles. Ce n'était pas souvent que quelqu'un osait lui adresser la parole et il lui rappelait étrangement ce gardien de prison qu'elle appréciait tant.

-Je pense que si nous ne tuons pas c'est parce que nous vivons dans une bulle. Dans le vrai monde, seul un tueur peut survivre. Cependant dans la bulle dans laquelle nous vivons, la violence n'a pas sa place. Nous vivons alors en pensant que tuer, ou même se battre, est quelque chose d'impensable. Cependant lorsque qu'on tue on perce cette bulle, et on accède au vrai monde ou tuer devient banale. Mais pour moi, cette bulle ne doit pas être percée car un homme qui voit le vrai monde est un homme destiné à finir sa vie en prison, ou en asile psychiatrique. Je regrette d'avoir percé cette bulle et j'ai comme le sentiment que toi aussi, tu l'a percée.

Il parlait beaucoup et il parlait bien, comme s'il savait ce qui se tramait dans la tête de la jeune femme. Et il semblait qu'il avait aussi franchi cette étape. La même étape qu'elle. Intriguée, elle tourna ses yeux vers lui, quittant sa fenêtre bien aimée. Elle releva une de ses manches où un bracelet de visite à l'hôpital psychiatrique était solidement attaché. Puis elle tourna la tête récitant son matricule de prison par coeur.

- Vous en savez trop. Bien trop pour ne pas être comme moi.

Il lui demanda ensuite comment elle s'appellait. Elle ne voulait pas prendre le risque qu'il se souvienne brusquement d'elle par son nom, ce qu'il s'avait d'elle était trop vague pour qu'il ne puisse faire le rapprochement entre Abygaïl Jeevas et elle.

- Appelez moi Alice pour le moment.

Ce nom de code était comme une protection pour elle et elle se sentait plus en sécurité tant qu'il n'en saura pas trop sur elle. Elle voulait d'abord s'assurer qu'il était digne de confiance avant de se confier à lui comme elle l'avait fait à ce gardien de prison.

- Vous voyez le vrai monde. Mais vous avez fait quelque chose d'irréparable pour le voir. Alors?
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Un bracelet de visite à l'hôpital psychiatrique était solidement attaché à son poignet. Elle récita son matricule de prison tel une poésie contraint d'apprendre à l'école. L'hôpital psychiatrique... J'avais vu juste, elle vie avec du sang sur les mains.

- Vous en savez trop. Bien trop pour ne pas être comme moi. Appelez moi Alice pour le moment.

Pour le moment ? Elle ne voulait pas que je sache son vrai prénom. Logiquement si elle avait commis un meurtre, j'avais sûrement entendu parlé d'elle dans le journal. Ce faux prénom servait à garder son anonymat. Et pourquoi avoir choisis Alice ? Il me semble qu’étymologiquement ce prénom signifie de nature noble. Hmm... Plutôt ironique venant d'une possible tueuse.

- Vous voyez le vrai monde. Mais vous avez fait quelque chose d'irréparable pour le voir. Alors ?

- Déjà à l'époque où je vivais dans la rue j'ai dû tuer des gens. Mais on s'attaquait troupe contre troupe et il n'y avait généralement pas qu'un tueur quand quelqu'un venait à mourir. Aussi, je travaillais avec un enquêteur, ce fameux Mike dont j'espère parfois le retour. Et avec lui nous nous attaquions à une mafia du nom de Mesa. On ne se contentait pas d'appeler la police, nous nous chargions nous même des gens qui devaient disparaître pour le bien de notre pays. Mais une fois encore nous attaquions à plusieurs, et il n'y avait jamais qu'un seul tueur.

Tant de gens que j'avais vu mourir, tant de gens que j'avais contribué à tuer. Dans un sens je n'étais finalement pas vraiment un tueur. C'est alors qu'un souvenir me revint, un souvenir d'avant mes 15 ans, avant que je perde la mémoire.

-J'ai aussi tué Peter Dunaway, ainsi que sa femme Maria.

Qui étaient ces personnes ? Je n'en savais rien. Leurs noms m'étaient soudainement arrivés à l'esprit. C'était la première fois qu'un souvenir me venait d'avant mes 15 ans. Avait-je vraiment tué ces deux personnes ? Et si oui, pourquoi ? Quoi qu'il en soit, si mes souvenirs revenaient, je pourrais enfin savoir toute la vérité sur mon passé.

-Euh... A vrai dire je sais plus trop où j'en suis. J'ai quelques problèmes de mémoire parfois. Je ne suis pas très sûr de ce que je dis. Quoi qu'il en soit, j'ai bien trop tué. Seul ce Mike me donnais envie d'aller de l'avant, mais depuis son décès, j'ai la sensation que le temps s'est arrêté.

Peter et Maria... Il fallait à tout pris que je me souvienne mieux. Si je les avaient vraiment tués avant mes 15 ans, cet acte m'avait sûrement marqué. Je pris le bout de ma cravate avec ma main gauche puis l'approchai de mes yeux. J'observais le motif. Des lignes grises en diagonale sur un fond noir.

-A votre tour. Avez-vous fait quelque chose d'irréparable pour avoir ce bracelet de visite ?
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