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Roi noir en B1
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▌Date d'arrivée : 19/04/2012
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Un verre de vin à la main, Abbel contemplait l'obscurité au travers de la fenêtre sale et presque opaque de la pièce. Ce qui lui manquait beaucoup actuellement, c'était un spiritueux décent, un âtre où faire brûler un feu pour y perdre le regard et un chat dormant sur ses genoux. Tout ceci était temporairement inaccessible dans cet ancien hôtel métamorphosé par la folie, et il trouvait cela bien désagréable. En réalité, toute l'intervention de son cadet relevait du domaine de extrêmement désagréable. Parce qu'on le disait vieux et pantouflard, on pouvait peut être commettre l'erreur de penser Abbel faible et dénué de volonté. C'était extrêmement mal le connaître. A l'image du temps il avançait sans se presser, mais de manière méthodique et implacable. Rien ne devra jamais rien être oublié, rien ne devra subsister qu'il ne l'ai point décidé avant. Une décision était prise, mais la mise en actes attendrait le moment parfait, celui où un seul pas suffirait à ébranler le monde. Abbel était loin d'être comme Caïn. Il réfléchissait, mettait en place, organisait, pour que au final un simple souffle provoque un ouragan. Il détestait les mouvements inutile et l'énergie gaspillée. Surtout quand c'était la sienne.

Beaucoup de choses avaient changé. De plus en plus Abbel voyait que le temps de se cacher parmi les humains devenait lointain. Déjà ses plans se préparaient. La plupart de ces pitoyables brebis avaient déjà commencé à choisir leur camp, ou du moins avaient comprit que le choix était imminent. C'était à ce moment là qu'il faudra frapper. Alors que beaucoup considèreront son frère comme l'ennemi principal, ou un allié par nécessité pour certains, il lui suffirait alors de se présenter tel le contrepoids dans toute cette folie. Lui, solide, lucide, et avec les toutes les apparences de la sainteté. Le frère du démon venu le combattre et soutenir les pauvres humains opprimés. L'une des raisons pour laquelle le vice de la vieillesse adorait le continent américain, c'était bien pour ce manichéisme élevé au rang de religion nationale. Ils ne pouvaient pas envisager une seule seconde pour la plupart que le monde ne se limitait pas aux gentils animés des meilleures intentions et aux méchants qui voulaient tout détruire par simple plaisir. Les choses étaient ô combien plus complexes, mais dans un climat de peur et d'oppression, il est si facile de faire naître des héros....

Tirant sur sa pipe, il jouait distraitement avec sa montre à gousset de la main gauche. Certes il avait suivit la mouvance et accepté qu'une rolex sertisse son poignet, mais il continuait de leur préférer leur ancêtres, nettement plus élégantes de son point de vue. Diable qu'un bon feu lui manquait. Il n'aimait pas cette nouvelle bâtisse. Bien trop sombre et agitée pour lui. Et cette humidité... Certes, la peur ambiante lui plaisait par moments, mais les humains avaient la fâcheuse tendance de paniquer bruyamment.

Mais ils étaient bien trop terrifiés pour la plupart pour oser s'aventurer très loin de leurs cellules. Du coup il avait la salle de jeux à sa disposition en ce matin déjà brûlant. Enfin, salle de jeux... A moins que certains ne s'amusent à jouer à la bataille de polochons, il n'y avait guère plus que des échecs. Mais il avait vérifié. Les jeux étaient complets. D'ailleurs il avait en face de lui un plateau déployé et les pièces mises en place. Le fou blanc mettait le roi noir en échet. Mais ca n'allait pas durer bien longtemps.
Abbel ne jouait pas seul. Abbel symbolisait les clés de son problème sur son échiquier, et puis il matérialisait ses pensées par le mouvement des pièces.

- En premier lieu trouver des pions...

Il tira une bouffée de tabac et la recracha sans même chercher à faire des ronds de fumée. Il était tout à sa réflexion, et celle-ci lui arrachait progressivement un sourire froid et calculateur.
▌Date d'arrivée : 29/12/2010
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De retour d’une nouvelle « discussion » avec Nathaniel, j’avais cette fois-ci acquis le droit de me rendre seule à ma cellule ; Un garde m’ouvrirait évidemment la porte pour ne pas éveiller le doute chez les autres, mais dans l’ensemble, j’étais libre de mes mouvements. Aussi, en arrivant à un carrefour, je glissai à terre dans un angle du mur, dans un coin où on ne viendrait pas me déranger. J’étais complètement perdue. Je me demandais si je devis regretter le choix que j’avais fait le jour de l’an, le choix de vivre sans souffrance physique en trahissant mes amis. J’avais beau me dire que je ne les trahissais pas vraiment, puisque je n’étais pas vraiment alliée à Nathaniel, il me suffisait d’utiliser à bon escient les informations que je pourrais glaner auprès de lui pour trouver un moyen de tout renverser ou de nous enfuir enfin. Mais rien n’y faisait, jamais il ne lâchait quoi que soit qui put m’être utile, c’était à croire qu’il savait exactement ce que j’avais en tête.

A chaque fois qu’il faisait mine d’oublier qu’on ne pouvait me faire confiance, il se rattrapait avec un petit sourire parfaitement insupportable me rappelant bien que je n’irai nulle part… Et puis d’ailleurs, où irais-je ? Chez moi ? Cela fait des mois que j’ai disparu, et il en va de même pour les autres résidents de l’ « hôtel », nos proches doivent nous croire morts. Que ferions-nous en revenant, que pourrions-nous donc raconter pour expliquer cette absence ? « L’incarnation du vice de la Folie nous a enfermés dans un hôtel puis l’a changé en asile et a libéré des créatures de l’enfer pour nous empêcher de partir » ? On retournerait aussitôt dans un autre asile… Et pas question d’être enfermée à nouveau. Non, nous serions obligés de partir, de quitter tous ceux que nous aimons pour reprendre une nouvelle vie. Nous avions d’ores et déjà tout perdu. Et ça, Nathaniel le savait. Oh oui, il le savait très bien. Et il devait d’autant plus s’en délecter, le traitre. Dire que je l’avais considéré comme un ami…

Et je restais dans mon coin sombre à ruminer toutes ces horribles choses ; Qu’est-ce qui me prenait ? Cela ne me ressemblait donc pas de m’apitoyer sur mon sort à ce point, c’est tellement inutile. Tout ce qu’il y a à faire, c’est agir. Pas se languir. J’essuyai des larmes sur mes joues, des larmes que je n’avais pas remarquées avant. Non, décidément, il ne fallait pas que je pleure sur mon sort de la sorte. Je me levai, déterminée à agir… Et me retrouvai paumée. Agir, agir… Mais en quoi ? Où aller ? Que faire ? Déjà, ne décidai de ne pas retourner dans ma cellule, du moins pas tout de suite. J’irais à la salle de jeux tiens, voire s’il y reste quoi que ce soit qui lui vaille encore ce nom. Sur le chemin, je croisai plusieurs matons tout à leur ronde qui ne semblèrent même pas s’apercevoir de ma présence. Etrange, pensai-je, on dirait presque qu’ils savent à tout moment ce qu’il faut savoir ou non… Ils n’étaient décidément pas humains…

Arrivée devant la salle de jeux, j’hésitai. Si je n’étais pas censée y être, les matons le sauraient sûrement. D’ailleurs, qui pourrait bien y être ? Finalement, je ne risquais pas grand-chose à y glisser un regard, à farfouiller un peu voir ce qu’il restait ici. Je poussai donc résolument la porte et découvris une salle presque nue, vide de jeux. Tout ce qui restait était apparemment un jeu d’échecs, et le doyen de l’hôtel semblait y être tout absorbé. Les pions étaient disposés comme si une partie ardue était en cours, mais il était seul à fixer ses pions, comme s’il réfléchissait à son prochain coup.
▌Date d'arrivée : 19/04/2012
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Parfois le hasard fait bien les choses. Ainsi, alors que Abbel songeait à se chercher un nouveau pion à manipuler pour commencer ses manœuvres, c’était une marionnette potentielle qui venait taper à sa porte et montrer le bout de ses cheveux. Si il avait bon souvenir, cette petite ici présente était déjà au courant de leur existence avant les « débordements désagréables » de son petit frère. Maintenant à moins d’être complètement incompétent, tous les savaient, mais ceux qui avaient déjà ouvert la boîte de pandore avaient l’avantage de ne pas avoir de traumatisme psychologique à gérer. Ce qui implique que ces rares élus soient déjà manipulables lorsque les autres n’étaient encore que des poupées de chiffons juste bonnes à être utilisées. C’était bien pour cela que le vice de la vieillesse commençait à trouver le temps long. Ses humains sont bien longs à réagir. Chaque chose en son temps, mais il faut savoir ne pas rater le coche.

Ainsi, la surprise avait été agréable. Il avait entendu des pas et n’avait pas tenté de lever la tête tant que le futur inconnu ne soit pas entré dans la pièce. Il n’était pas un de ces vulgaires mortels. Ce n’est pas un fantasme né de la folie de son frère qui l’effraiera, pas plus qu’un de ces pantins agissants comme de cerbères ridicules. Il ne se considérait d’ailleurs pas comme prisonnier. Simplement ennuyé par toutes ces bêtises qui lui pompaient son temps et son énergie. Après avoir attendu quelques secondes, il avait fini par gracieusement lever la tête et croiser le regard de la petite Bell… Une cloche, que voulez-vous, ca se sonne toujours quand on en a besoin. (Moi et mon jeu de mot foireux partons nous jeter, merci de nous avoir suivis). Il la fixa froidement, pensivement, puis s’en retourna à son échiquier et déplaça un pion blanc. Il fallait aller lentement, resserrer sa prise pour qu’un seul coup de mâchoire mette fin à la partie.

- Vous allez rester plantée là jusqu’à ce que le temps tombe en poussière, Bell ?

C’était indirectement une invitation… un ordre poliment formulé pour qu’elle se rapproche et s’asseye en face ou à côté mais en tout cas cesse de jouer la statue de sel au beau milieu de la pièce. Il leva la tête vers elle et lui décerna un sourire carnassier dénué de la moindre idée de bonté ou de douceur.

- A moins que vous ne préfériez qu’un autre camarade de jeu n’arrive, naturellement…

Camarade qui risquait bien de ne pas être un résident de feu l’hôtel Dusk puisque tous ces rats étaient encore cachés dans leurs prisons. Les choses n’étaient pas encore en mouvement, c’était le moment parfait pour placer ses pièces.
▌Date d'arrivée : 29/12/2010
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- Vous allez rester plantée là jusqu’à ce que le temps tombe en poussière, Bell ?

Voici l’accueil que me réserva le doyen, Abbel. Levant la tête, il m’adressa un sourire effrayant. N’y avait-il donc plus rien ni personne ni d’aimable ici ?

- A moins que vous ne préfériez qu’un autre camarade de jeu n’arrive, naturellement…

La simple idée d’être rejointe par Nathaniel ou l’un de ses sbires me fit frissonner. Je m’approchai donc de la table de jeu et m’asseyais en face de lui mais me gardait bien de toucher aux pions de l’échiquier.

- Ne comptez pas sur moi pour jouer, je ne saurais que vous faciliter la victoire.

C’était la vérité, j’avais toujours été une bille en échecs, incapable de mettre une stratégie en place ou même de la mener à bien. Je dévisageai le type qui me faisait face et d’un coup, un flot d’images inonda mon esprit sans prévenir. Je m’agrippait à la table en voyant tous ces souvenirs remonter à sa surface comme si quelque chose les en avait empêché jusque-là, comme si quelque chose avait fait en sorte que je ne me souvienne pas de tout tout de suite… Je revis dans ma tête ce qui s’était passé peu avant noël. Je savais que Abbel avait été violemment attaqué et tabassé par un gamin qui m’était désagréable. Mais d’autres choses me revinrent. Le vieux n’avait pas réagi à l’attaque, il était resté impassible sous les coups de ce gosse et encore lorsque Nathaniel s’en était pris à son assaillant. Puis elle se souvint de ses mots… Approximativement…[ /i]

- {color=orange]Vous êtes un des leurs…[/color]

[i]Voilà ce que j’en conclus. Il avait parlé à Nathaniel comme à un proche, comme à un frère, comme si tout était normal quand tout le monde avait perdu connaissance ! Et il s’était rendu compte que Jamie et moi étions encore parfaitement conscients de ce qui se passait. Comme s’il n’y avait rien de plus naturel, il avait administré à Jamie un coup à l’arrière de la nuque qui l’avait rendu aussi inanimé qu’une poupée de chiffon. Puis il m’avait fixée. Il ne m’avait pas attaquée moi, mais il m’avait fixé tant et si bien je j’avais fini par m’endormir moi aussi. IL avait fini par m’endormir. J’en étais sûre à présent, il était comme Nathaniel et d’autres… Mais pour le moment, pas moyen de me souvenir qui, tout était à nouveau brouillé dans mon esprit. Lui en revanche, Abbel, j’étais certaine qu’il était comme Nathaniel, même s’il ne l’avait pas encore révélé. Inconsciemment, je reculais sur mon siège aussi loin que possible de lui.
▌Date d'arrivée : 19/04/2012
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Sa cible avait mordu à l’appât. Ou étais-ce une proie ? N’étais-ce qu’un outil ? Ou bien finalement peut être juste un animal inutile qui passait dans son environnement direct et qui s’effacerait finalement comme tout le reste. Il ne savait pas encore. Pensivement il avait déplacé un pion noir alors que la jeune femme s’asseyait en face de lui. Femme ou fille ? Femme. Le Temps avait fini par faire son œuvre. Il pouvait même deviner ses premières rides. Que c’est attendrissant. Bientôt elle deviendra une pomme trop mûre prête à être saisie par la faucheuse. Cette idée le fit sourire. Abbel détestait l’humanité. Il les détestait aussi fort qu’il prenait plaisir à les tourmenter et les regarder pathétiquement s’éteindre. Ils faisaient tous de grandes fanfares, se montraient tous les plus forts et les plus durs, et pourtant au final ils s’éteignaient toujours comme de pathétiques larves, sans aucune dignité ni beauté. Lamentables insectes.

Il en avait un en face de lui. Pas une araignée ou une mante religieuse. Rien de si redoutable. Non, une fourmi, mais une fourmi qui peut être allait servir à quelque chose, à sa Reine pour combattre l’envahisseur d’une autre fourmilière.

- Qui vous dit que vous n’êtes pas déjà en train de jouer ?

Voilà que sa petite cervelle de moineau. Elle avait pâli, s’était accroché à sa table… Et voilà. Le grand manège repartait. C’était à la fois amusant et désespérément ennuyeux. Les années deviennent parfois bien plus pesantes que le ridicule bagage d’Atlas. Un sourire carnassier étira ses lèvres. La morue avait mordu à l’appât. Restait maintenant à lui le travail de la remonter au bout de sa ligne.

- Inutile de fuir, Bell. Le Temps est patient.

Son regard, glacé, ne cillait pas. Il n’était pas ici pour entretenir une illusion d’humanité, encore moins pour être son ami. Des amis il n’en avait pas, et il ne comptait pas en avoir parmi cette ridicule Humanité. Lui n’était pas son petit frère. Lui aussi l’inquiétait d’ailleurs, il commençait à devenir impératif de s’occuper de son cas.

- Mais maintenant que vous vous êtes élevée au-dessus de votre condition, il sera maintenant possible de discuter.

Nulle flatterie dans le ton. Il énonçait une simple évidence. Telle Eve mordant dans la pomme, la petite Bell avait dépassé la masse ignorante. A elle de poursuivre son œuvre.
▌Date d'arrivée : 29/12/2010
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Il ne tentait pas de s’en cacher. Ca non, il avait l’air même passablement ennuyé par ma réaction et le temps que j’avais mis à comprendre qui il était. Malgré son avantage évident par rapport à moi, je ne pus m’empêcher de détester cet air blasé et suffisant de race supérieure. Car oui, j’avais cessé de me faire des illusions, Nathaniel n’était pas humain, Abbel ne devait pas l’être non plus. Pour lui je n’étais qu’un vulgaire pion sur l’échiquier qu’était l’hôtel. Un pion à bouger, mais contre qui ?

- Inutile de fuir, Bell. Le Temps est patient.

Se désignait-il lui-même ? Etait-il le Temps au même titre que Nathaniel était la Folie ? Possible. Et le type avait l’air assez tordu pour parler de lui à la troisième personne. Enfin tordu ou pas, pas moyen de se permettre la moindre erreur avec lui… Pas plus qu’avec Nathaniel, d’autant qu’on ne savait toujours pas de quoi le Fou était capable réellement. Le Temps était-il capable de lire dans les esprits ? J’en frissonnai rien qu’à l’idée…

- Mais maintenant que vous vous êtes élevée au-dessus de votre condition, il sera maintenant possible de discuter.

Me propose-t-il de m’allier avec lui ? Le fou ! Pourquoi faire ça ? Pourquoi un être humain, rien de plus qu’un pion à ses yeux, lui serait nécessaire ? Je ne savais même rien, RIEN de ses buts. Froid comme il était, il pourrait tout aussi bien m’utiliser puis me jeter, voire m’éliminer. Ma position était inconfortable, car si accepter une telle chose me dépassait, je me voyais mal lui refuser la faveur. Gênée, je changeai de position sur min siège. Non, vraiment, c’était… Que pouvait-il bien vouloir d’un être humain ? Ma seule… Distinction vis-à-vis des autres était que je connaissais la vérité à son sujet. Et que j’avais en apparence rallié Nath. Et si… Non. Ridicule, Clochette, n’y pense même pas. Abbel est comme Nathaniel, c’est son frère il me semble. Pourquoi voudrait-il se servir de toi contre son propre frère ? Non, vraiment, c’est un fol espoir que j’ai là. Si j’y pense, c’est simplement parce que mon plus grand désir est d’éradiquer de Fou. Ce serait tellement grandiose que quelqu’un de sa trempe nous y aide… Mais non… Même s’il voulait renverser son frère, qu’y aurait-il à la place ? Nous laisserait-il partir ? Remarque, peu de chances qu’on alerte qui que ce soit, et encore moins qu’on nous croie. Réfléchis Alex, prendras-tu le risque d’avoir pire encore que Nathaniel ?

Je levai les yeux ver mon interlocuteur. Non. Rien n’est pire que ça.


- Que voulez-vous ?

Je fronçai mes sourcils et mon front se barra d’un trait soucieux mais mon regard se durcit. S’il y avait un espoir, j’entendais bien m’y accrocher.
▌Date d'arrivée : 19/04/2012
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Elle semblait beaucoup se poser de questions pour pas grand-chose au final. Abbel en soupirait par avance. Les humains sont parfois bien ennuyeux…. Incapables de réfléchir vite. On parlait de sa nature, et au vu de la conjecture actuelle, pour peu d’aligner trois pensées cohérentes, on peut quand même rapidement comprendre que le Doyen n’était pas présent ici pour lui demander de lu écrire une thèse sur les variations syntaxiques de la préposition « de » dans les énoncés non normatifs de la langue Française ! Abbel se caractérisait aisément par l’ennui. L’ennui et un dégoût qui de plus en plus venait.

- Il me semble que vous avez pu remarquer les manœuvres de mon frère.

L’euphémisme était tel qu’il en serait presque obscène. A ce niveau là on ne pouvait pas parler de manœuvres, plus de grands mouvements au bulldozer dans un magasin de porcelaine. Détonnant, violent, sans discrétion voire même avec une certaine satisfaction ostentatoire… C’était certes le but, mais ca restait déplaisant. Bien trop d’animations, Abbel détestait cela, et il comptait bien ne pas rester passif dans cette affaire. Sans pour autant se précipiter. Il ne faut pas non plus courir à sa perte.

- Or vous être impliquée avec lui. Et si je ne me trompe pas, servir un fou dangereux ne figurait pas dans vos projets de carrière.

Il jouait sa carte. Il ne comptait peut être pas renverser Nathanael immédiatement, mais il avait déjà l’intention claire et avouée d’avoir des espion à sa botte pour savoir le moindre de ses mouvements, quand il se gratte le nez, quand il éternue, quand il se lève, quand il regarde par la fenêtre. Il devait tout savoir, comprendre, étudier, et ainsi voir si il récupérait son fou de frère dans son camp pour servir ses intérêts ou si au contraire il devait le combattre. Et pour cela, il enverrait un pion, évidemment.

- Ainsi donc vous me semblez tout à fait utilisable.

A quoi bon avoir peur des mots ? La petite Bell n’était rien de plus qu’un outil à ses yeux, et elle restera un outil. A elle de voir si elle sera utile ou juste encombrante.
▌Date d'arrivée : 29/12/2010
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- Il me semble que vous avez pu remarquer les manœuvres de mon frère.

Je laissai échapper un petit rire jaune à l’énonciation de l’évidence même. Et puis bon… Que ses « manœuvres » aient pu passer inaperçues, ça reste de ‘ordre du miracle si on ne s’appelle pas Jamie (parce que bon, lui est un peu à part).

- Or vous êtes impliquée avec lui.

Je grimaçai lorsqu’il parla de mon implication. Oui je l’étais, mais je ne me demandai même pas comment il pouvait être au courant. J’avais déjà compris que trop de choses me dépassaient pour chercher à toutes les comprendre. Mais lui n’y allait pas par quatre chemins, les détours ne semblaient pas être le genre de choses dont il s’embarrassait volontiers. En un sens, cela m’arrangeait vu qu’au moins il affichait clairement ses intentions. Mon espoir d’avoir un tel adversaire face à Nathaniel grandissait de paroles en paroles.

- Et si je ne me trompe pas, servir un fou dangereux ne figurait pas dans vos projets de carrière.
- Non, en effet, loin de là.
- Ainsi donc vous me semblez tout à fait utilisable.


Très loin même. Me proposait-il de le servir lui ? Un être si… Froid et supérieur ? C’est tellement contre mes principes ! Me laisser marcher dessus comme ça, me laisser utiliser ! Ce type me jetterait à la première occasion ! Mais… Minute, Alex, minute… En fait, j’ai déjà renié mes principes une fois pour une vie plus « calme ». Pourquoi ne pas recommencer ? Après tout, j’ai bien accepté de trahir mes amis pour ‘allier à ce dingue, non ? Non… Non, c’est faux. Je ne les ai pas trahis, je ne les ai pas blessés, je ne fais que trainer dans les pattes du Fou pour lorgner des infos. Abbel ne me demandait rien de tout cela, pas de trahison si ce n’est celle de Nathaniel. Ma décision était toute prise, même si je ne savais pas dans quoi je m’embarquais, je regardai pour la première fois le Doyen dans les yeux de manière déterminée.

- Je le suis.
▌Date d'arrivée : 19/04/2012
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La petite Bell avait totalement et parfaitement mordu à l’appât. Le doyen en aurait souris si seulement ses mâchoires n’étaient pas paralysées par un douteux miracle. Il se contentait de la fixer de son regard inflexible, la regarder se débattre avec ses idéaux et ses peurs, et attendre qu’elle rende sa décision. Qui finit bien heureusement par tomber. Cela le fit sourire, froidement, un sourire de crocodile, et il déplaça un cavalier blanc sur l’échiquier. Lentement, petit à petit, pièce après pièce. Pour lui le travail était encore plus complexe dans la mesure où il devait les trouver, ces pièces. Mais ca n’en rendait la partie que plus intéressante, ainsi il ne ruait pas dans les brancards et se contentait de profiter de sa chance. Il venait de la ferrer, ne restait plus qu’à lui placer le mors, la bride et la mener là où il avait besoin qu’elle aille.

- Tant mieux. Autant se mettre d’accord alors.

Il se recula dans son fauteuil et la toisa calmement, l’inspectant, l’analysant. Que pouvait-elle faire qui lui sois utile ? Que ferait-elle ? Qu’était-elle prête à faire ? Et surtout jusqu’à quel point pouvait-il l’utiliser avant qu’elle n’arrive à la rupture ? C’étaient les questions qu’il se posait, et il comptait bien mener son projet à bien. Un outil, il ne s’y attache pas. Une fois cassés, il les jette sans le moindre état d’âme. Cependant, il préférait tout autant ne pas gaspiller de l’énergie et du temps, et ainsi faire durer les dits outils jusqu’à la fin.

- J’ai besoin d’yeux et d’oreilles. Je ne veux pas de martyre ou de héros. Il me suffit simplement de quelqu’un qui me rapporte les projets de mon frère, ce qu’il fait, ce qu’il pense et ce qu’il dit vouloir. Qui le combat, qui lui obéit, qui est dans votre cas.

Il ne se faisait pas d’illusions. Nathanael ne se confiera pas à ses subordonnés. Cependant, on en apprenait tout autant en analysant le masque d’une personne qu’en observant ce qu’il, ou elle, montrait. Analyser la folie était un travail nettement plus compliqué, mais il fallait bien commencer quelque part.
▌Date d'arrivée : 29/12/2010
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Abbel eut un sourire lorsque j’acceptai. Un sourire froid qui me fit sentir que je faisais exactement ce à qui il s’attendait, qui e fit sentir que je ne pouvais plus faire machine arrière. J’étais désormais liée à lui quoi qu’il me demande… C’était assez angoissant comme situation, je commençai même à me demander si je n’avais pas fait une erreur. Mais non idiote, inutile de penser à ça. Et de toute manière, je préfère ça que rester inactive à me morfondre dans une cage. Lui cogitait déjà, il bougea un nouveau pion sur l’échiquier, un cavalier blanc. Il se considérait donc comme le « gentil » en quelque sorte dans l’histoire. Le blanc qui s’oppose au noir, mauvais, malingre.

- Tant mieux. Autant se mettre d’accord alors.

Bien, on arrivait aux choses intéressantes. J’allais enfin découvrir ce pour quoi il avait tant « besoin » de moi. Après tout, c’était ça l’essentiel pour moi, savoir si ce que j’allais faire serait ou non en adéquation avec mes capacités. Si même je serai d’une quelconque utilité, s’il n’avait pas malencontreusement surestimé ma position auprès de Nathaniel.

- J’ai besoin d’yeux et d’oreilles. Je ne veux pas de martyre ou de héros. Il me suffit simplement de quelqu’un qui me rapporte les projets de mon frère, ce qu’il fait, ce qu’il pense et ce qu’il dit vouloir. Qui le combat, qui lui obéit, qui est dans votre cas.

Les yeux, les oreilles. C’était dans mes cordes. Et bien entendu que je combattais le Fou. Et oui, bien malgré moi, je lui obéissais. Pas moyen de savoir si les quelques infos que je pourrai glaner seraient utiles à ce type, mais la moindre chose était susceptible d’aider, alors autant tout déballer.

- Très bien, commençons par ce que ceux qui lui obéissent savent. J’ignore s’il y a d’autres personnes dans mon cas et qui elles sont. Pour le moment, il a l’air de me tester, comme s’il voulait être certain que je n’allais pas faire une absurdité comme celle de le trahir je suppose. Il ne me confie donc pas encore grand-chose, il me demande parfois d’aller assister au « spectacle » en salle de torture par exemple. Ce que je sais en revanche, c’est que Hazel et James sont comme vous.

Je marquai un petit temps d’arrêt, j’avais dû m’astreindre à ne pas laisser l’émotion transparaitre dans ma voix en parlant de la salle de torture. J’avais heureusement su en parler calmement et neutralement tout comme je m’étais forcée à rester placide lorsqu’on torturait des personnes sous mes yeux, parfois mes amis. Mais étant restée dans l’ombre, ils ne m’avaient pas vue.

- D’ailleurs, si je peux me permettre une question : qu’êtes vous exactement ?

▌Date d'arrivée : 19/04/2012
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(ah ah.. J'était pourtant sure d'avoir posté la réponse.. Désolée !!! >//<)

Au moins elle comprenait vite. Il n’attendait pas d’elle qu’elle devienne le meilleur pion de son existence. En réalité il n’en caressait même pas l’espoir. Beauté moyenne, intelligence moyenne, la seule chose qui pouvait se démarquer chez elle, c’était son caractère. Et encore, il avait connu des humains bien plus coriaces qu’elle. Humaine. Une pauvre et pathétique humaine avec ses forces, ses défauts et en l’occurrence ses faiblesses. Avec une expression impénétrable il fixait son échiquier, ne cherchant même pas à croiser son regard. L’être, la conversation, il n’en avait que peu de cas. Tout ce qui comptait c’étaient les informations. Plus elle se compromettait, plus il y avait de chances qu’elle lui soit utile. Tant qu’elle glisse le nœud coulant d’elle-même autour de son cou, elle se met inconsciemment sous son aile. Quand le vent tournera, elle aura nécessairement besoin d’un protecteur, prise entre le marteau et l’enclume de deux entités qui la dépassent largement. Et qu’elle prie son misérable Dieu que ce jour-là l’un ou l’autre soit d’humeur généreuse.
Si elle en avait conscience, elle ferait tout pour lui être nécessaire. Si ce n’était pas le cas, il ferait en sorte de le lui rappeler si cela devenait nécessaire.

- C’est le cas. Vous ont-ils signifié leur position dans cette affaire ?

Il n’avait pas encore eu l’occasion de s’entretenir avec eux. Ou disons plutôt qu’il n’avait pas jugé opportun de le faire immédiatement. Il devait d’abord consolider ses bases. Ces informations peuvent s’avérer fatales données au mauvais moment. La reine noire fut déplacée. La partie suivait lentement son cours. Toutes les pièces seront placées au bon endroit, et un jour le roi tombera. Mais de quel côté était-il ? Sur quel pied dansait-il ?

- A vous de me le dire, miss Bell. Certains m’appellent le Temps, d’autre le Fatum, certains me présentent comme un simple enfant qui cause aveuglément ses ravages.

Il l’observait, ce faisait, avecune mine amusée, cherchant si elle comprenait, ce qu’elle pensait. Abbel n’était pas le temps, cette entité était une force inexistante et en même temps omniprésente. Ou peut être l’était-il. Sa nature y était tellement liée que parfois la limite tendait à s’effacer.

- La vieillesse. C’est ainsi que les premiers textes m’ont défini.

Il ne s’intéressait pas trop aux détails terminologiques pour sa part. Ce qui comptait était d’être, et d’agir.
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Je hochai négativement la tête. Si je savais que James et Hazel étaient comme eux, c’était totalement fortuit, je l’avais découvert par hasard. Je ne savais donc absolument pas quelle était leur position dans l’affaire comme il disait. Sauf peut-être…

- Tout ce que je sais, c’est qu’à nouvel an j’ai vu Hazel demander à Nathaniel de s’arrêter, elle ne s’opposait pas vraiment à lui, elle n’a pas agi contre. Mais elle semblait lui dire que ce n’était pas une bonne chose d’agir ainsi. On peut pas faire plus évident…

Je secouai la tête au souvenir de cette scène. J’en avais mis du temps à comprendre ! Aujourd’hui je me sens stupide de ne pas avoir compris dès le début des hostilités et la réaction d’Hazel, mais bon, ce qui est fait est fait, maintenant je sais à quoi m’en tenir et tout le monde est un ennemi potentiel si même James qui avait l’air si gentil est avec eux. L’aîné de la fratrie, visiblement, était face à moi. Aîné mais sans contrôle sur son dingue de frangin visiblement. Il se contentait de parler avec emphase, se désignant comme le Temps… Le temps… C’est si vaste ! Si conceptuel, si infini ! Non. La Vieillesse. Un autre concept. Folie, Vieillesse. Des concepts incarnés ? Combien ? Seulement des fléaux de l’humanité ? Ou y a-t-il d’autres concepts incarnés pour contrebalancer ? Si c’est le cas, ils ne doivent pas être ici…
J’en suis encore étonnée, mais après tout ce qui s’était passé ces dernières semaines, j’ai accepté tellement facilement le fait que la personne face à moi n’était autre que la vieillesse incarnée… Un peu bêtement, je l’avoue, je me pris à penser que la vieillesse était douce tant qu’elle n’engendrait pas la démence, peut-être ce Abbel pourrait nous tirer de là ou du moins nous offrir une alternative plus douce ?


- Bien, au moins je sais à qui j’ai à faire… globalement. J’imagine que je ne saurai pas qui sont les autres ni combien vous êtes ?

Je me levai lentement de ma chaise. A moins qu’il n’ait autre chose à me dire, moi je n’avais plus rien à lui révéler pour le moment, et je doutais vraiment de sa capacité à simplement rester assis là et faire la conversation.

- Je vais faire attention à tout ce que je peux glaner comme informations.

Je lui jetai un dernier regard pour savoir s’il avait quelque chose à me dire avant que je ne m’en aille.
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